« Solutions locales pour un désordre global » : la claque
C’est LE documentaire vert du moment, celui dont tous les écolos parlent : « Solutions locales pour un désordre global« . Ou comment les citoyens peuvent sauver la planète de la folie des méchants agro-capitalistes. La réalisatrice Coline Serreau nous parle gros sous, agriculture moderne et empoisonnement généralisé. Anne Saurat-Dubois, notre nouvelle Eco’respondante, a coiffé le masque à gaz.
La claque est tellement monumentale qu’on pense d’abord à un canular. La terre est en train de mourir, les Etats ont écoulé dans nos sols tous les stocks de poison qu’il leur restaient des deux guerres mondiales, toutes les plantes, et les animaux sont malades, le poison est partout, partout, et « tout cela se finira à la mitraillette ». Au départ, c’est un peu trop gros pour être crédible. D’autant que les images n’aident pas : la qualité est mauvaise, les plans serrés désastreux, et les mouvements de caméra catastrophiques. Peut-être est-ce voulu ?
Mais au final on s’habitue et on écoute le message. Des experts autonomes, créateurs de coopératives, paysans « self-made » nous expliquent où nous en sommes arrivés, pourquoi… et comment s’en sortir.
Où nous en sommes arrivés ? L’agriculture ne serait plus, aujourd’hui, qu’un énorme business, qui aurait perdu la tête. En effet, modifier du blé qui résistait aux insectes, pour le fragiliser et pouvoir vendre ensuite les insecticides qui vont avec, cela ressemble fort à du délire. On commence à s’inquiéter : Coline Serreau enfonce le clou, et nous bombarde d’horreurs. Des cochons mutilés aux enfants sans bras et sans jambes, en passant par les moutons qui meurent dans d’atroces souffrances après avoir brouté de la terre brûlée aux pesticides, on en arrive progressivement à une conclusion effrayante. En voulant contrôler la terre pour produire toujours plus, l’homme s’en sort finalement moins bien que la terre elle-même. Le responsable: le machisme humain. Tout contrôler, jusqu’à tout brûler, voilà ce qui a motivé ce désastre.

Des épis de blés abimés - Image extraite du film
La conclusion? Il nous reste, au maximum, 50 ans à tenir à ce rythme. Au-délà, la terre sera brûlée, et ce sera fini. Coline Serreau nous gratifie d’une fort jolie chanson en milieu de film, dont le refrain est totalement hors de propos. « Sleep tight, don’t worry » ( »Dors bien, ne t’en fais pas »). Tu parles.
Heureusement, la réalisatrice et ses acolytes nous donnent quelques solutions pour sortir la tête de l’eau: le retour à la sagesse ancienne. Les jachères, les engrais naturels, le contrôle des semences par les paysans… Eh oui, vous ne le saviez pas, mais si vous cultivez une semence qui n’est pas autorisée par l’Etat… c’est l’amende assurée. Autres solutions : le retour au local, le bio. Le boycott. Et enfin, surprise, le retour de la femme. La seule à avoir tenu les rênes de l’agriculture, jusqu’à ce que l’homme la vire et fasse n’importe quoi. Même les hommes du film le disent. C’est dire.

Une rizière indienne fertilisée au compost - Image extraite du film
Les adeptes de la théorie du complot vont adorer. Les industriels agro-alimentaires vont détester. Que les arguments avancés soient véridiques ou non, il faut bien reconnaître qu’il est rare d’entendre, sur l’industrie agroalimentaire, autre chose que la lénifiante litanie des pubs télé qu’elle réalise elle-même.
Il faut, pour se faire un avis, avoir le pour et le contre. Ici, c’est le contre, et cela permet, sinon de se faire une opinion, du moins de réfléchir.
Anne Saurat-Dubois




Ecolorama
RSS
Facebook
Twitter
12/55/2010 à 14 h 18 min
je l’ai vu hier et franchement, ce n’était pas une claque parce que tout simplement je ne suis pas étonnée de ces conclusions! Il suffit de regarder nos étals, les modes de vie, la misère, la terre et les paysages autour de soi pour mesurer la folie des hommes ! Qui veut savoir le peut! Le tout est de ne pas se voiler la face genre courage fuyons!
Et si je ne peux pas faire grand chose devant l’immensité de la tâche, je fais, comme ces irréductibles ce que je peux dans mon coin pour ne pas contribuer par mon indifférence à la continuation d’un système sans issue. Surtout, je m’informe et j’agis en conséquence au quotidien!
12/27/2010 à 19 h 40 min
Merci de ton com. Je me suis permise de citer une de tes phrases (Et si je ne peux pas faire grand chose devant l’immensité de la tâche, je fais, comme ces irréductibles ce que je peux dans mon coin pour ne pas contribuer par mon indifférence à la continuation d’un système sans issue.) sur facebook car je trouve qu’elle résume assez bien la situation.
13/05/2010 à 22 h 23 min
Je suis toujours étonnée quand un article affiche un tel scepticisme…. Plutôt à charge et pas franchement solidaire ni du film ni de la situation actuelle de la planète, quelle est la démonstration du propos? Pour se faire une opinion il faut avoir le pour et le contre????? mais le « pour » on l’a tous les jours, depuis des dizaines d’années et on voit le résultat que cela a donné !!! Partout des personnes censées, politiques, scientifiques, chercheurs, tirent la sonnette d’alarme. Alors je trouve que la tiédeur du billet n’est pas vraiment bienvenue, quand on sait que toutes les « solutions » que les lobbies nous proposent, ne sont que des solutions qui servent leurs porte-monaie. Et je ne crois pas que le film de Coline Serreau soit fait pour être un chef d’oeuvre artistique, avnec des super plans et tout et tout, ni fait pour « réfléchir », mais pour agir. Il n’est pas fait pour savoir s’il nous reste 40 ou 50 ans devant nous, si on a bien entendu les avis de tout le monde, si on est vraiment sûr… -c’est sûr? vous êtes sûr qu’il faut qu’on change???- mais il est fait pour faire ré-agir et pour agir. Oui, il est temps de changer de modèle et aussi de chausser d’autres paires de lunettes pour voir le monde autrement et mettre en place un nouveau paradigme.
14/47/2010 à 13 h 33 min
C’est bien de dénoncer, mais c’est le côté positif du message final qui est le plus important. Faisons face à nos responsabilité en tant que citoyen et consommateur! Consommons intelligemment! Les AMAP, le bio… C’est les solutions que soutient C. Serreau qui doivent rester après avoir vu le film.
Faites un tour sur http://www.leprintempsdesbonzais.com, voila un autre film sur un thème connexe, l’économie sociale, qui vous donnent de bonnes raisons d’espérer et l’envie d’agir! Pas de Fatalisme!!! Et pas de dogmatisme!
14/09/2010 à 18 h 54 min
Merci Chriswan, merci Milou et très franchement bof bof bof Anne Saurat-Dubois. Non ce n’est pas l’amende assurée si l’on cultive d’autres variétés que les saloperies du catalogue officiel! c’est « légalement toléré dans son propre jardin » ce qui, comme beaucoup de choses dans notre législation est une aberration car le DON même de ces semences est interdit. On n’a pas le droit de vendre, échanger ou donner certaines semences mais on a le « droit » de les cultiver dans son propre jardin. Madame Saurat-Dubois n’avez vous pas vu le film: Gandhi? si une loi est injuste il est de notre devoir de ne pas la respecter! Il faut pour se faire un avis, voir le film et écouter son coeur et le bon sens. Nous avons dans ce film le CONTRE la guerre, la destruction, l’injustice, la betise….. et le POUR le partage, l’abondance; la qualité, le respect, le bon sens, la VIE……Bien plus encore que le machisme humain ( il y a aussi des femmes qui empochent « le fruit » de cette destruction) c’est l’egoïsme de certains. Je dis bien de certains! yen a marre de mettre tous les humains dans le même panier! Ce n’est pas l’espèce humaine qui est à condamner, mais certains specimens seulement, de plus ils ne sont pas majoritaures en nombre! Utilisons le pouvoir que nous avons (encore merci gandhi) une non participation globale et massive. Prenons et assumons NOS responsabilités! Leurs bénéfices proviennent de NOS achats! « SOYEZ LE CHANGEMENT QUE VOUS SOUHAITERIEZ VOIR DANS LE MONDE ! » et oui c’est encore lui. Quel grand mec ce petit bonhomme! voilà et ben ça fait du bien de dire ce que l’on a à dire!