Archive pour 16 avril 2010

Un nuage venu d’Islande qui paralyse le nord de l’Europe

Vendredi 16 avril 2010

Phénomène exceptionnel, l’éruption du volcan islandais d’Eyjafjallajokull paralyse en ce moment le trafic aérien d’un grand nombre de pays d’Europe. Voici quelques infos glanées sur le web.

Voici les images du nuage répertoriées par le Boston Globe :

(AFP/Getty Images)

(AFP/Getty Images)

L’image satellite de la NASA du nuage de cendres du volcan en Islande sur l’Europe

Nasa

Nasa

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Le vélo entre dans la course

Vendredi 16 avril 2010

Salome

Par Salomé Kiner

Ils ont des mollets à vous retourner les points cardinaux, un coup de pédale à faire pâlir les radars et une conscience écologique digne d’un Copenhague sans langue de bois.

Hérités des livreurs de journaux, inspirés par leurs cousins new-yorkais, les coursiers à vélo de Paris sont en passe de conquérir le marché du pli express, et leurs clients s’en réjouissent.

Cycl'air

Un livreur en pleine course © Cycl'air

Au commencement, il y a Urban Cycle. Créée en 2002, exemplaire entre toutes, la doyenne parisienne compte aujourd’hui 25 coursiers, traîne une réputation de fer et ne lâche rien à la publicité. Patrick Boudard, gérant associé, reçoit sans chaise et sans sourire, et se moque gentiment (ou pas) de mes questions stupides : « Personne n’est à temps plein. Quand t’avales en moyenne 100 kilomètres par jour, les trente-cinq heures, elle te font plutôt marrer. »

Qu’à cela ne tienne. La bonne nouvelle, c’est que le principe séduit les entreprises. Si la cyclomessagerie ne détient que quelque 5% de part de marché aujourd’hui, le discours environnemental fait pousser des ailes aux pédales. Les coursiers à vélo entendent bien multiplier ce chiffre par dix dans les cinq ans à venir : ils considèrent que 90% des courses en voiture sont réalisables en vélo, et l’ ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) a élu la bicyclette le moyen de transport le plus rapide pour les déplacements de moins de six kilomètres dans Paris.

En clair, pour le même tarif et dans les mêmes délais, vous soulagez votre conscience écologique, réduisez la pollution sonore et ouvrez la porte à un jeune homme (ou femme, mais c’est encore trop rare) sportif et passionné : « C’est vrai que nos types ont le sens de l’effort. Pas du genre à vous sonner à l’interphone quand il faut grimper six étages », explique Frédéric Marion de ParisVélopostale. Et ça, on aime.

bon de livraison

Mission : livrer en un temps record © Cycl'air

Au cardiogramme, ajoutez la passion. Juan Osorio Alor est doctorant en « stratégie environnementale et réalité urbaine » appliquée au cas de la course à vélo. En 2008, après des débuts chez Urban Cycle, il s’associe à Yorick Croiset pour créer Cycl’air. Deux ans plus tard, la structure fonctionne à pleins tubes :  ils ont recruté trois livreurs et citent L’Oréal, Etam, GDF Suez ou La Fondation pour la recherche sur la biodiversité pour clients. « C’est une alternative qui plaît beaucoup aux entreprises: le métier est jeune, les livreurs sont motivés, et tout le monde a conscience de faire partie d’un projet alternatif, porteur et responsable », raconte Juan, qui siffle un expresso entre deux courses. Avec Cycl’air, il est de tous les combats : sur leur site, il a mis en place l’Ecomobilis, un dispositif  de calcul des rejets de CO2 économisés. Il est aussi vice-président de la joyeuse Panamessagers, l’ association des coursiers à vélo parisiens – ici, point d’austérité syndicale, mais le QG des vrais riders. Engageante et engagée, la petite boîte qui monte soutient même une équipe de polo-bike: un maillet, un terrain, une balle, quelques vélos et trois copains, c’est LE sport urbain des bicyclophiles.

© Corinne Stoll

En pleine partie de polo-bike © Corinne Stoll

Vous aimiez le facteur et sa bicyclette jaune, ce mélange rare de rigueur et de sérénité ? Vous aimerez les coursiers à vélo : ils ont leur calendrier dénudé, ils suent pour la bonne cause, leurs tenues sont plus rigolotes, et surtout, ils agissent activement pour le réaménagement intelligent des espaces urbains saturés.

D’ailleurs, l’idée fait son chemin : la preuve, le milieu de la course à moteur s’y met aussi. En 2007, le groupe Novea, leader de la course urgente en France, flairait le  bon plan « éco-geste » et ouvrait son propre service, qui compte aujourd’hui 30 coursiers à vélo contre 150 véhicules et scooters.

Hier encore, j’essuyais un mégot jailli d’une smart « coursiers.fr », vitres teintées de rigueur. Mais le printemps montrait son nez, la station Vélib’ était vide à pleurer, deux cyclomessagers me doublaient en goguette ; à l’horizon pointaient des lendemains plus verts.