Stephie et Simon se sont lancé un défi un peu fou : relier à vélo la Charente à Istanbul – avec leurs deux petits garçons sur le porte-bagage. Mais entre les journées de pédalage il faut tous les soirs trouver un endroit où planter la tente. Simon nous livre ses astuces d’éco-voyageur.
Contrairement aux idées reçues, je crois que le bivouac en France est globalement accepté même si officiellement la loi punit de six mois d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende « le fait de s’installer, en réunion, en vue d’y établir une habitation, sans autorisation ». Pour nous, voyageurs au long cours, en famille et à vélo, le choix a été rapide. D’une part on n’a pas les moyens de dépenser 500€ par mois pour le couchage et d’autre part c’est dans le camping sauvage que réside l’aventure que nous avons choisie, avec ses rencontres et ses surprises. Le risque d’amende et de vol est assez faible si on respecte les lieux et le voisinage. Ce qui est plus contraignant pour certains c’est de ne pas savoir le matin où on va dormir le soir.

L'important, après une journée à vélo : planter la tente près d'un point d'eau
Petit à petit, nous avons pris confiance et maintenant notre technique commence à être bien rodée. Après le goûter, on a une heure pour trouver notre bonheur. Nous sommes à peine exigeants, on cherche un endroit beau avec une table, de l’herbe tondue, un sol tendre, une rivière, un lac ou un point d’eau pour le bain et la vaisselle, des jeux pour les enfants et en option des toilettes.
Ce lieu existe, il s’appelle aire de repos, aire de jeux, bord d’eau aménagé par la commune …Dans tous les cas, il faut éviter les villes et trouver la bonne personne – celle qui nous regarde – et à qui on demande si elle ne connaîtrait pas un endroit tranquille avec un point d’eau, une table, où on peut poser sa tente. Si on est d’humeur taquine, on demande si elle serait prête à héberger une famille qu’elle ne connaît pas, sait-on jamais. On nous indique parfois le camping municipal et nous répondons poliment que ce n’est pas ce que l’on cherche. Autant ça ne marche pas toujours du premier coup, autant, parfois, le lieu magique s’impose à nous sur le chemin.

Quitter la tente pour une nuit dans la paille, le luxe !
Sur les 39 nuits passées jusqu’alors, principalement en France mais aussi en Suisse et en Allemagne, nous avons dormis 25 fois sauvagement, 7 fois en camping dont une fois dans la paille (eh oui quand même !) et 7 fois chez l’habitant.
L’important c’est de ne pas abuser de la nature et des gens ; on ne fait rien de mal, il arrive même qu’on ramasse les poubelles de certains visiteurs.
Simon Rouanet
Pour suivre de plus près les aventures de notre famille à vélo, allez sur son blog (franco-allemand), Vélo 4 vitesses.





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