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Catastrophe nucléaire : quels risques pour l’homme ?

Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, responsable du laboratoire de la Criirad, la Commission de  Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité, répond à nos questions.

Comment mesure-t-on la radioactivité ?
Il y a plusieurs façons. Au Japon, on entend parler de microsieverts ou de millisieverts par heure. Ce nombre donne une idée de l’irradiation externe, c’est-à-dire de la dose de radiations subie par un être humain par le fait que les substances radioactives envoient des radiations qui traversent son corps. Si on s’en va, cela veut dire qu’on est plus soumis à cette dose.

Cela nous permet-il de calculer les risques pour la population ?
Non, car pour calculer ces risques, il faut y ajouter les doses liées à la contamination interne par inhalation ou par ingestion. En ce moment, à Fukushima, les doses sont 4 millions de fois supérieures à la normale, donc même si on s’éloigne, on a inhalé des substances, qui vont aller se fixer dans nos différents organes. Par exemple vers la tyroïde pour l’iode.

Par ailleurs, si on consomme des aliments contaminés, ils entrent dans le corps, ce qui ajoute encore des doses. Pour calculer le risque réel pour la population, il faut ajouter l’irradiation externe et la contamination interne. Or, pour l’instant, on ne connaît que le chiffre de l’irradiation. Et il faudrait également connaître la composition exacte des émissions radioactives, et la quantité en becquerel de ces substances.

N’y a-t-il effectivement pas de risque pour les habitants de Tokyo ?
Depuis aujourd’hui, des taux de radiation supérieurs à la normale ont été signalés à Tokyo. Quand les autorités disent qu’il n’y a pas de dangers, ils ont une vision à court terme. Il faut compter plus large. Par exemple, lors de Tchernobyl, en France, le taux dans l’air n’était que de deux à trois fois supérieur à la normale. Mais il y a eu également les dépôts sur le sol qui ont entrainé une contamination par ingestion dans les semaines qui ont suivi.

Quels sont les risques pour l’homme ?
Il existe deux types de situation. Pour les personnes exposées à de très fortes doses, les travailleurs sur place ou les populations vivant près de la centrale, les effets seront à très court terme et peuvent aller jusqu’à la mort. Par exemple, une exposition à 400 millisieverts par heure pendant dix heures correspondant à 4 sieverts. Ce qui est considéré comme une dose létale 50, c’est-à-dire que 50% des personnes concernées ont de grands risques de décéder dans les jours qui suivent, en l’absence de traitement. Concrètement, l’irradiation va entrainer la destruction des cellules les plus fragiles, du cerveau ou de l’intestin par exemple.

Pour les personnes exposées à de faibles doses, par exemple à Tokyo, il y aura une augmentation du risque de cancer ou d’autres pathologies à long terme. Ca va dépendre des nucléides, qui toucheront différents organes.

Et les travailleurs sur place, dans la centrale ?
On peut les protéger contre l’inhalation par exemple, avec des masques adaptés. En revanche, ce n’est pas vraiment possible de les protéger contre une irradiation externe. Les neutrons sont extrêmement puissants : il faudrait un scaphandre de plomb de plusieurs centimètres pour les protéger. La seule solution est de faire des interventions très courtes, mais ce n’est pas toujours possible. La situation est tellement ingérable, de pire en pire : les conditions de travail sont impossibles.

Les pastilles d’iode sont-elles vraiment efficaces ?
Attention, les pastilles d’iode, ça ne sert qu’à limiter la fixation de l’iode radioactive sur la thyroïde, mais ça ne joue pas sur les radiations externes et sur les autres nucléides comme le césium.  Il faut les prendre, c’est très important, mais ça ne joue pas sur tout.

Propos recueillis par Oriane Raffin

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3 commentaires pour „Catastrophe nucléaire : quels risques pour l’homme ?“

  1. Global Mag, le blog – Prenons la planète en main » Blog Archive » Catastrophe au Japon : la situation ce mardi dit :

    [...] Lire les explications d’un ingénieur sur les risques pour l’homme. –> Pour comprendre les risques pour le corps humain, Le Parisien a publié une [...]

  2. Global Mag, le blog – Prenons la planète en main » Blog Archive » Catastrophe au Japon : ruée sur l’iode ? dit :

    [...] Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, responsable du laboratoire de la Criirad, « ça ne joue pas sur les radiations externes et sur les autres nucléides comme le césium. ». Pas une panacée [...]

  3. Global Mag, le blog – Prenons la planète en main » Blog Archive » Catastrophe nucléaire au Japon : le point sur la situation ce jeudi dit :

    [...] –> Les risques pour l’homme expliqués par la Criirad [...]

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