Archive pour 11 mai 2011

Formation: et le jeune, il est bio le jeune?

Mercredi 11 mai 2011

Laure en Eure et Loir

Le sujet qui passe ce soir est consacré aux futurs-jeunes agriculteurs. En 4 minutes et des poussières, j’y aborde de manière assez frontale la question de la formation des jeunes et des adultes aux pratiques agricoles.
Je suis allée au lycée agricole de la Saussaye, à Sours, où se dispensent des formations initiales pour les ados et continues pour les professionnels. Labours, semis, machinisme, techniques culturales, on y enseigne de tout. Sur l’exploitation attenante de 130 hectares, les élèves mettent en pratique ce qu’ils apprennent, comme dans n’importe quel lycée agricole. Parmi les cours de base, il y a l’agronomie, et « l’agronomie, science des sols, est, par définition, un cours de culture biologique », explique Thomas Renaudin, responsable de l’exploitation. Cette ferme expérimente également le passage en bio sur une trentaine d’hectares. Ainsi, les élèves disposent d’un laboratoire grandeur nature pour comparer les méthodes et pratiques culturales. 

J’ai assisté à un cours de désherbage mécanique, qui se pratique avec un outil barbare, la herse étrille, qui a l’énorme avantage d’aider au retrait des adventices sans recourir aux herbicides…

Cours de désherbage mécanique

Cours de désherbage mécanique

J’ai également appris comment optimiser mon nombre de graines de lin -pas bio- au moment du semis. Ensuite, j’ai passé quelques minutes avec des adultes venus se former deux jours durant à Certiphyto, un certificat obligatoire à partir de 2014 pour toute personne ayant en charge l’usage de pesticides, fongicides, herbicides et autres biocides. Au total, environ 800 000 personnes sont potentiellement concernées: les agriculteurs, bien sûr, mais aussi les conseillers agricoles, les agents de la DDE, de la SNCF, employés de mairie… Là aussi, j’y suis allée sur des oeufs: les agriculteurs en ont marre des journalistes parisiens qui les accusent de « tous les maux de la Terre, de l’épidémie de la vache folle aux cancers généralisés ». Pour eux, « la bio n’est pas rentable ». Point final. « Nous ne sommes pas idiots, si ça marchait, on irait. » Tout dépend ce qu’on appelle « marcher ». Ce matin, j’ai rencontré le responsable départemental du syndicat Coordination rurale. Il émarge à 340 000 euros les bonnes années… J’imagine que peu de producteurs bios peuvent afficher de tels chiffres d’affaire…
Alors dans le sujet, je me suis attardée plutôt sur les idées reçues qui fertilisent le cerveau de nos futurs jeunes agriculteurs. Ils m’ont tous dit être passionnés par ce métier, et ne pas savoir ce qu’ils voulaient faire (cultures, élevage, maraîchage, …). Ils ont quinze ans, quoi de plus normal? Mais j’ai senti, chez certains, déjà, un ras-le-bol, un déni, une poignée de certitudes mais aussi l’acceptation de quelques évidences, notamment en matière de pollutions. A vrai dire, la plupart ne s’était probablement jamais posés la question avant notre passage. Il n’empêche, Thomas Renaudin insiste: « les jeunes sont de plus en plus curieux sur ces questions, ils veulent savoir et apprendre, et notre rôle est de leur enseigner tout ce qui existe pour les aider à faire leur choix avant de se lancer. » 

Il n’empêche aussi que cela n’a pas probablement pas toujours été le cas, comme me l’expliquait Michel Mercier. Cet ancien agriculteur intensif -qui convertit actuellement ses 266 hectares en bio- a surtout appris de l’école « l’intensif, la performance, les rendements, la productivité, et la rentabilité ». J’ai parfois l’impression que tout le monde se réveille avec une gueule de bois sans que personne ne sache qui a fait boire qui…!

Par Laure Noualhat

Et si la mauvaise graine germait à l’école d’agriculture ?

Mercredi 11 mai 2011

Petit détour par le lycée agricole. Surprise Laure Noualhat découvre la génération «tracteur». Pour certains, le bio est inutile, pour d’autres il est invendable, en tout cas il ne séduit pas ces futurs agriculteurs.

Vous pouvez suivre le carnet de bord de Laure Noualhat.

Comment se représente-t-on le monde ?

Mercredi 11 mai 2011

Hélène Seingier nous présente des planisphères. Comme leur nom l’indique ces cartes sont des globes aplatis qui déforment la réalité. Petit tour d’horizon des cartes de monde où tout n’est que point de vue.

Sommaire du mercredi 11 mai

Mercredi 11 mai 2011

em88

Planète durable Gazon du vrai et du faux, quel est le plus écolo ?
Le gazon naturel, ça s’arrose, ça se tond, ça se fertilise. Pas toujours très écolo. Apparu il y a une cinquantaine d’années aux Etats-Unis, le gazon synthétique peut être une solution, mais est-ce la bonne ?

Focus – Accrocs à la météo
De nombreux Français se tiennent régulièrement informés des prévisions météorologiques. Entre ceux qui consultent leur smartphone pour connaître le temps n’importe quand et les contemplatifs, qui admirent la nature pour tenter de la comprendre, qui sont ces météo addicts ?

Chartres – Et si la mauvaise graine germait à l’école d’agriculture ?
Petit détour par le lycée agricole. Surprise Laure Noualhat découvre la génération «tracteur».
Pour certains, le bio est inutile, pour d’autres il est invendable, en tout cas il ne séduit pas ces futurs agriculteurs.

Chronique – Comment se représente-t-on le monde ?
Hélène Seingier nous présente des planisphères. Comme leur nom l’indique ces cartes sont des globes aplatis qui déforment la réalité. Petit tour d’horizon des cartes de monde où tout n’est que point de vue.