Archive pour mai 2011

Débats : Le bio à la cantine, c’est pour les riches ?

Mardi 31 mai 2011

Suite de notre petit feuilleton en terre beauceronne, Laure Noualhat a décidé de rassembler son petit monde pour débattre.
Premier affrontement, les cantines bio, et à vrai dire ça se frite autour des assiettes de nos écoliers. Le bio est considéré comme trop cher, mais surtout trop rare et trop lointain. Alors, comment changer la donne, réponse en débat…

Dans ce débat :

  • Matthieu Rabian, Principal college Val de Voise à Gallardon
  • Jean-Jacques Bourzeix, Conseiller municipal Chartres, en charge des cantines

Napoléon III, l’empereur qui aimait les arbres

Lundi 30 mai 2011

Luc Smilovici nous explique comment, sous le Second Empire, Napoléon III a décidé d’agrémenter le Paris gris et insalubre de l’époque de parcs et jardins publics.

Mer Rouge : mesurer la pollution

Lundi 30 mai 2011

A Hurghada, ville égyptienne sur la côte de la Mer Rouge, le tourisme a dévasté les fonds marins littoraux. Des années de plongée intensive ont détruit les coraux et les déchets font des ravages. Des scientifiques tentent de mesurer et de mettre fin à ces dégradations.

Le crocodile orange du Gabon

Lundi 30 mai 2011

En 2010, des chercheurs ont découvert par hasard un crocodile dans une grotte du Gabon. Un animal qui les a surpris car il était… orange. Les raisons de cette couleur ne sont pas encore expliquées.

Les moines, pionniers du vin bio libanais

Lundi 30 mai 2011

Par Perrine Mouterde

Profitant de leurs terres et d’un climat « béni des Dieux », les moines ont été les premiers à se lancer dans la production de vin issu de l’agriculture biologique au Liban. D’autres ont depuis suivi leur voie…

monastere-kfifaneÀ mon arrivée, ce n’est pas un moine en soutane qui m’accueille mais Frédéric Cacchia, un œnologue français installé au Liban depuis une dizaine d’années. Nous sommes au monastère de Kfifane, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Beyrouth et 450 m d’altitude, dans la région de Batroun. Le bâtiment, carré et imposant, est entouré de champs… Je me dis que les religieux ont bien choisi leur endroit.

Mais pourquoi l’Ordre maronite libanais a-t-il décidé, en 2003, de se lancer dans la production du premier vin certifié issu de l’agriculture biologique au Liban ? C’est une histoire de tradition – ce sont les Phéniciens, ce peuple de commerçants et marins installés dans la région près de 3 000 ans avant Jésus-Christ qui auraient importé la vigne en France – et de retour à la terre, explique Frédéric Cacchia.

cuvesDirection la cave. Les grosses cuves en acier sont vides, évidemment, à cette période de l’année. Il va me falloir un peu d’imagination pour comprendre comment on fabrique du vin ici. Mais Frédéric Cacchia me donne un coup de main : « L’an dernier, les vendanges ont démarré mi-juillet, raconte-t-il. On commençait le plus tôt possible et on était obligé d’arrêter vers 10h du matin à cause de la chaleur. Pour la fermentation du vin rouge, il faut que la température soit environ de 28°C. Ici, à 10 heures, la température dans les cuves était déjà de 40°C. À midi, il faisait 48 °C… »

Après avoir passé quelques étés au Liban, je n’ai pas de mal à imaginer la situation. Nous ne sommes qu’au mois de mai et il fait déjà bien bon dans la cave.

Concernant le bio, ce n’est pas dans les cuves que ça se joue. Seule contrainte, cette cave doit être utilisée exclusivement pour la production de vin issu de l’agriculture biologique. Ici, on respecte aussi la « traçabilité » : en gros, toutes les étapes de la production sont consignées, de la vigne à la bouteille.

vignesLe point critique, c’est l’entretien de la vigne. Pas question d’utiliser des pesticides, de l’engrais ou des traitements chimiques. Ce matin-là, dans celle de Kfifane, aucun moine en train de désherber – j’en ai quand même croisé deux en train de ramasser des artichauts – mais des femmes des alentours qui cueillent des feuilles. Ce n’est pas vraiment autorisé mais elles serviront à préparer des feuilles de vigne farcies pour le repas… Ce n’est pas perdu pour tout le monde !

Cette année, Frédéric Cacchia espère produire 100 000 bouteilles, dont une partie sera exportée en Australie et en Allemagne. Huit ans après sa création, la coopérative Adyar – « monastères » en arabe – cultive 180 000 pieds, soit environ 50 hectares de vigne dans 8 monastères et 3 régions du pays, pour produire un vin « de terroirs ». L’idée a fait des émules et de plus en plus de domaines entendent se lancer dans le bio. Même si pour Frédéric Cacchia, cela relève encore surtout de la stratégie marketing…

bouteillesPas de sujet sur le vin bio sans dégustation. D’abord un « Expression monastique » de 2008, une bouteille d’entrée de gamme. Un peu fort, comme la plupart des vins libanais, mais agréable. Puis un « Monastère de Kfifane » cru 2007. Celui-ci est constitué d’un seul cépage, un Syrah, et a passé 12 mois en barrique. Je le trouve un peu pétillant… « Le vin bio n’est ni meilleur ni moins bon que le vin traditionnel. Mais ce qui est bien avec le vin, c’est qu’il y en a pour tous les goûts », assure Frédéric Cacchia. Qui met à mal quelques idées reçues : non, le vin issu de l’agriculture bio n’est pas « meilleur pour la santé », comme certains ardents défenseurs du bio le prétendent. Et non, il ne fait pas moins mal à la tête le lendemain (il était 11h du matin, je n’ai pas bu assez pour vous le confirmer…).