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Tuer la viande que l’on mange, une bonne solution ?

C’est une annonce qui a fait des remous sur la toile : Mark Zuckerberg le célèbre fondateur de Facebook a décidé qu’en 2011, il ne mangerait que la viande d’animaux qu’il a lui même tués.

zuckerbergLe but de la démarche ? Il l’a expliqué au magazine Fortune : « Mon challenge personnel c’est d’être reconnaissant pour la nourriture que je mange. Je pense que beaucoup de gens oublient que des êtres vivants doivent mourir pour eux afin qu’ils puissent en manger la viande, donc mon objectif c’est de ne pas oublier ça et d’être reconnaissant de ce que j’ai. »

Résultat, selon lui, depuis le début de l’année, il est devenu « presque végétarien ». Concrètement, il explique avoir mangé un homard et un poulet, ébouillanté et tué de ses propres mains. Et pour ne pas tirer complètement un trait sur la viande, l’inventeur de Facebook a décidé de se mettre à la chasse.

« Une démarche anecdotique »

Une démarche qui ne convainc pas les plus fervents défenseurs de la cause animale. Pour Muriel Arnal, présidente de l’association One Voice, « c’est une démarche atypique » mais qui reste « anecdotique ». « Il y a certes un problème au niveau de l’industrie, qui prépare la viande de façon à ce que l’on oublie que c’est de la chair tuée, et c’est très bien si la décision de Mark Zuckerberg peut encourager des gens à en prendre conscience, mais tuer un animal, ça reste quelque chose de très violent ! Et il n’y a pas besoin de tuer des animaux pour faire passer des messages ».

Du coup, elle estime que « cette démarche bizarre n’a rien à voir avec le respect de l’animal ou de l’environnement ». Une analyse partagée par le sociologue de l’INRA Arouna Ouedraogo. Spécialiste de l’acceptabilité des aliments et du végétarisme, il explique que « l’abattage, la chasse, ce sont des activités de prédation, violentes, aux antipodes de l’idéologie végétarienne ».

Retour aux sources ?

viandeSelon lui, la démarche de Mark Zuckerberg se rapproche davantage de la pratique du « fait-maison », qu’on assimile à la qualité. « Ce que je fais, ce que je cuisine, je peux l’accompagner de la production à la consommation. On a une préférence pour cette traçabilité, synonyme pour beaucoup de qualité ».

Et c’est surtout « quelque chose qui est presque une banalité pour les personnes qui vivent à la campagne, qui ont vu leurs grands-parents tuer les animaux de la ferme. Une démarche dans le respect du vivant, par rapport au protocole de mise à mort, qui renvoie à une culture agraire, rurale ». A mille lieues de la culture du milliardaire Mark Zuckerberg, qui lui, fait plutôt partie de ces urbains pour qui « de telles pratiques deviennent quasiment ésotériques ».

O.R.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Une telle démarche est-elle positive pour la défense des animaux ? Ou est-ce juste une nouvelle lubie de milliardaire ?

Crédits photos :
Mark Zuckerberg : Guillaume Paumier

Viande : Олександр, Creative Commons sur FlickR

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3 commentaires pour „Tuer la viande que l’on mange, une bonne solution ?“

  1. Rémi dit :

    Je ne suis vraiment pas un admirateur de monsieur Zuckerberg, pour autant je trouve sa démarche très intéressante. Je pense que les défenseurs des animaux se trompent en l’accusant car si je comprends bien, il ne se revendique pas du végétarisme et ne porte donc pas atteinte à ceux qui défendent cette pratique.
    Par contre, il met en avant l’acte d’abattage des animaux, montrant ainsi que ce n’est pas anodin, que derrière chaque steak, chaque jambon, chaque cuisse de poulet qu’on engloutit sans y penser une seconde, il y a un animal qui est tué. Si tout le monde prenait cette même décision (je ne dis pas que c’est facile), la consommation de viande mondiale, comme de M. Zuckerberg, diminuerait assurément de façon drastique !
    Au moins, il sort de l’hypocrisie de notre relation aux animaux, à les trouver très mignons, à ne pas oser un instant leur faire du mal, mais à en faire une consommation excessive via un système de production opaque et souvent malsain…

  2. Jo dit :

    D’accord avec Remi.
    C’est évident que c’est le genre de décision qui est plus facile à prendre quand on est multi-milliardaire, non pas dans les faits, mais dans la propension à prendre des décisions extrêmes, inscrites aussi évidemment dans une certaine stratégie d’image et de comm.
    Cela étant dit, les défenseurs des animaux ne semblent pas comprendre que les végétariens n’on rien à voir avec le sujet.
    Zuckerberg tente simplement, et à juste titre de recréer le lien qui existe entre la difficulté de tuer un animal et le plaisir de la manger.
    La viande ne devrait pas être un bien de consommation banal. A l’origine, c’est quelque chose qui doit se mériter, et être rare. La violence que cela demande rend justement, contrairement à ce que disent les défenseurs des animaux cités dans votre article, hommage aux animaux qui la supporte.
    Cette même violence étant bien pire si personne n’en a conscience.

  3. Tuer pour manger : de Facebook à la boucherie ! dit :

    [...] (Article inspiré par Global Mag) [...]

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