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C’est la rentrée !

Michel-LEROND11-150x150A ses débuts, l’éducation à la protection de l’environnement avait pour objet de faire évoluer les comportements individuels. Qu’en est-il maintenant avec l’éducation au développement durable, qui suppose un changement global de la société et qui nécessite une démarche pédagogique plus complexe et plus transversale. Comment expliquer que les Français aient encore une sensibilité environnementale aussi faible ?

Par Michel Lerond

L’éducation à l’environnement n’est pas vraiment une nouveauté puisque c’est dans les années… 1940 qu’elle a commencé. Ainsi, par exemple le Museum de Rouen innovait en projetant des films scientifiques dès 1945 pour sensibiliser le public à la nature. Dans les années 1970, le même Museum met en place des expositions, causeries, projections, activités d’éveil pour les enfants et un centre de documentation largement ouvert. C’est dans la même décennie que se sont multipliées, à l’initiative des institutions et des associations, les activités de sensibilisation pour tous publics. Que reste-t-il de ces centaines d’initiatives une génération plus tard ? Des avancées certaines dans la sensibilisation du public, mais tellement de lacunes encore dans les comportements individuels et les décisions publiques… Il y a matière à s’interroger sur cette faible « rentabilité » pédagogique.

ecole

Pourtant des initiatives nombreuses se poursuivent, tels que les « lycées du développement durable », et tant d’autres interventions en dehors de l’école comme celles d’associations ou les Clubs protection de la nature. Il est vrai que dès cette rentrée scolaire de 2011, les lycéens auront l’occasion de passer un baccalauréat développement durable orienté vers les métiers relatifs à l’écologie et l’environnement. C’est une belle avancée, mais quid de la nature et de l’écologie dans cette formation ?

L’intégration du développement durable dans les programmes scolaires, ça existe toutefois déjà… au Bénin, en partant du constat que les programmes sont insuffisamment consacrés à la protection de la nature. Ecolojah est une école d’enseignement primaire où l’on met l’accent sur la protection et la valorisation de la nature par des travaux pratiques sur l’artisanat, l’architecture, le maraîchage et les données bio-climatiques.

Chez nous il faut peut être aussi que l’école accepte de se remettre en cause. Notre système éducatif reconnaît surtout l’intelligence conceptuelle (priorité aux maths). Les intelligences manuelle ou sensible, ne sont considérées qu’au second plan. Seule l’école maternelle prend en compte cette diversité. Si les fondamentaux de l’école sont bien lire, écrire et compter, ils doivent aussi intégrer les bases de notre relation biologique à la nature, ceci dès la maternelle et le primaire. Au cours des études secondaires, il convient de donner à l’écologie/environnement le rang de discipline principale. En supérieur, il faut enseigner les données concrètes relatives au triptyque : bases de l’écologie/comportement individuel/gouvernance collective dans toutes les disciplines. Enfin, en formation professionnelle et continue et pour toutes les formations, il faut enseigner les aspects spécifiques des professions concernées quant à leur impact sur la nature. L’enseignement va devoir être encore davantage imaginatif plutôt que revendicatif, prospectif plutôt que conservateur. Quelle responsabilité collective et quel beau challenge !

Michel Lerond, écologue essayiste

Pour lire d’autres chroniques de Michel Lerond, consultez son blog ou jetez un oeil à son livre, Qu’est-ce qu’on attend, publié chez L’Harmattan en avril 2010 (14,50 euros).

Photo Alain Bachellier, Creative Commons, sur FlickR

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2 commentaires pour „C’est la rentrée !“

  1. lenormand rémi dit :

    Revendiquer, c’est bien et même indispensable. Mais le monde enseignant et encore plus la hiérarchie qui le gouverne a effectivement bien manqué d’imagination et d’invention depuis des décades. Trop de conservatisme et d’ »expériences » sans doutes malheureuses -comme la lecture globale -ont fortement nuit à l’éducation nationale en général. Ce sont les enfants des classes moyennes et pauvres qui vont trinquer inéluctablement. Pour les riches, aucun problème.

    rémi Lenormand.

  2. Michel Lerond dit :

    Merci Rémi de cet avis. Au-delà des moyens financiers des parents, je crois qu’il s’agit surtout d’un problème de contenu de l’enseignement et de conception de ses finalités.
    Michel

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