>> L’actualité en temps réel sur la situation à Marcoule, c’est par là
Situé sur les bords du Rhône, dans le Gard, le site de Marcoule est là où a été construit l’un des premiers réacteurs nucléaires français, à la fin des années 50. Depuis, les trois réacteurs les plus anciens ont été arrêtés, mais pas intégralement démantelés. Aujourd’hui, il s’agit de l’un des neuf centres de recherche du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), qui abrite différentes unités.

Centraco, à Marcoule / Crédits : Socodei
«Ce n’est pas comme une centrale nucléaire, mais c’est un site à risque», prévient Roland Desbordes, président de la Criirad, contacté par Global mag. «Il y a des réacteurs, un site de retraitement, de la recherche sur le traitement des déchets, etc.…», précise-t-il. Et notamment un centre de production du Mox, le fameux combustible nucléaire utilisé à Fukushima. Là, ce lundi, c’est dans l’enceinte de Centraco, le site de retraitement des déchets faiblement radioactifs, qu’a eu lieu l’explosion
Que s’est-il passé à Centraco ?
Selon l’Autorité de Sûreté Nucléaire, dans un communiqué, «il s’agit d’une explosion d’un four servant à fondre les déchets radioactifs métalliques de faible et très faible activité». Le site conditionne en effet des déchets radioactifs, afin d’en réduire le volume, explique Roland Desbordes.
Quels sont les déchets traités à Centraco ?
«Normalement, il n’y a pas de déchets de haute activité radioactive», précise Roland Desbordes. Concrètement, il peut s’agir de déchets issus d’hôpitaux ou encore d’équipements (gants ou protection).
Une porte-parole d’EDF, contactée par Global, explique qu’il s’agit principalement de tous les déchets d’objets qui entrent dans le réacteur d’une centrale. «Quand un objet ressort du réacteur, on le teste, s’il a un faible degré de radioactivité, il ne ressort pas comme ça : on le traite». Il est alors envoyé à des sites comme Centraco, à Marcoule.
A Marcoule, on traite tout ce qui est faiblement radioactif «soit des robinets, des valves, des pompes métalliques, soit des déchets combustibles, comme des gants ou des combinaisons de travail», précise la porte-parole.
Centraco dispose de deux unités : l’une pour l’incinération (pour les vêtements), l’autre de fusion, pour le métal contaminé. Ce lundi, c’est un four à métal, qui chauffe jusqu’à 1600°C qui a explosé.
Pourquoi le four a-t-il explosé ?
EDF a lancé une enquête et ignore pour le moment les causes de l’accident. Francis Sorin, de la Société française d’énergie nucléaire, interrogé par Europe 1, a indiqué qu’il s’agissait sans doute d’une «réaction chimique peu violente». «Ça peut être aussi une explosion due à la criticité c’est- à-dire qu’à un moment, il y a une réaction nucléaire, une réaction en chaîne qui s’amorce mais qui ne peut pas durer. Elle est de très faible intensité mais elle suffit pour faire une explosion», a-t-il précisé.
Oriane Raffin