Un documentaire qui dérange. Water Makes Money, l’eau fait de l’argent, un film qui dénonce les travers de la privatisation du marché de l’eau est dans le collimateur de l’entreprise Veolia.
Le géant de l’eau a en effet décidé de porter plainte contre X pour diffamation. Contacté par Global Mag, Veolia Environnement explique « estimer se sentir diffamé dans certains passages du film », sans pour autant vouloir préciser lesquels.
« L’instruction a débuté »
Herdolor Lorenz, l’un des deux réalisateurs allemands du film, ne sait pas non plus avec précision ce qui est incriminé. « Nous avons reçu l’avis le 23 décembre, nous réclamant un DVD du film. Depuis, l’instruction a débuté ». Selon son avocat, il y en aurait au minimum pour trois mois d’instruction. Si la décision d’un procès est alors prise, cela amènerait à fin 2011 voire début 2012, alors que la diffusion du documentaire est prévue pour le 22 mars prochain, sur Arte.
La procédure n’aura donc aucun impact sur cette diffusion, alors que Veolia Environnement aurait pu décider d’assigner les producteurs en référé, une procédure beaucoup plus rapide. Pour Jean-Luc Touly, un des participants au projet, et ancien de Veolia, « ce n’est pas surprenant. Le risque pour Veolia, en portant plainte, c’est de se faire de la mauvaise publicité. Mais si l’entreprise ne fait rien, ça sous-entend qu’elle accepte ce qui est dit, ce qui fait aussi mauvaise presse. Avec cette procédure, on a le sentiment que c’était le minimum syndical ».
Mais un minimum syndical qui entraîne tout de même la médiatisation du documentaire. Pour Jérôme Polidor, de la Mare aux canards, le distributeur du film en France, « hormis faire de la pub au film, je ne vois pas l’intérêt pour Veolia, dans la mesure où ça n’empêche pas la diffusion. »
« Nous sommes optimistes »
Suez, autre entreprise citée dans Water Makes Money a pour sa part privilégié une toute autre stratégie. »Ils ont participé au débat, explique Jérôme Polidor, du coup, ils passent davantage pour les gentils ». Veolia a aussi été contactée à plusieurs reprises par les réalisateurs. « Nous avons eu plusieurs entretiens, des déjeuners, on nous a toujours laissé l’espoir d’une interview », raconte le réalisateur Herdolor Lorenz. Jusqu’au refus final.
Il faut dire qu’Herdolor Lorenz n’en est pas à son premier conflit avec Veolia. En 2005, il avait réalisé Eau, service public à vendre, qui avait provoqué l’ire de la multinationale. « Veolia a exercé tellement de pressions que le film a été retiré de la diffusion, se souvient le réalisateur. Pourtant, tout était exact. »
Pour le moment, les réalisateurs n’ont pas constaté de telles pressions. Quant à la procédure judiciaire, ils sont sereins : « Nous sommes complètement optimistes, explique Herdolor Lorenz. Nous avons étudié le film avec nos avocats allemands et français avant la diffusion, et chaque mot a été vérifié, par rapport au droit des deux pays. »
Le documentaire Water Makes Money, montré plus de 200 fois dans des cinémas alternatifs, sera diffusé le 22 mars, sur Arte.
Oriane Raffin




C’est une histoire qui pourrait être la mienne, et celle d’une bonne partie de la population mondiale. Elle commence par un grand-père fuyant une quelconque dictature ; ici, celle de l’Espagne fasciste de Franco.



Sur le papier, a priori, rien d’excitant. Quelque part dans une Californie imaginaire, un élu mégalo décide de faire construire un pont autoroutier par-dessus la rivière, et faciliter ainsi l’accès aux zones périphériques enclavées. C’est un pont loin d’ici, loin de nous, loin de tout ; d’ailleurs, c’est une fiction. Malgré tout, Naissance d’un pont raconte l’universel : un énorme chantier, des ouvriers précaires, un consortium franco-américano-indien, quelques expats’ bougons et des conflits locaux - une histoire digne d’un JT, et pas tellement de quoi vous consoler la rentrée.
C’est un livre où il est question de déchets toxiques et d’affréteurs sans scrupules. « 




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