Par Anne-Sophie Novel, d’Ecolo-info.
J’ai beau essayer, pour cette revue de web, d’être créative, de vous trouver des perles… je n’y arrive pas. Je n’y arrive pas pour la simple et bonne raison que tout est englué, que la toile est bien sombre, aux couleurs de la marée noire. La catastrophe est telle qu’elle suscite de nombreuses réflexions, de nombreuses initiatives, sur lesquelles j’ai donc décidé de me pencher.
Sur Grist, plusieurs articles prennent du recul sur les effets de la marée noire : Gary Nabhan souligne les conséquences sur les cultures alimentaires du Golfe du Mexique pendant que Tom Philpott explique que cela va obliger les trois Etats du Golfe du Mexique (Louisiane, Alabama, Mississippi) à diversifier leur économie. Kevin Grandia, sur the Huffingtonpost (qui consacre une section entière de son site à l’actualité de la marée noire) s’inquiète que la marée touche maintenant 60% des marécages, pendant que Mother Nature Network en profite pour signaler que cela fait 50 ans, au Nigeria, que l’on souffre déjà des effets d’une marée noire toujours répétée… et qui n’attire pas pour autant l’attention des médias.

Militants du Mouvement pour l'émancipation du Delta du Niger - Source : Mother Nature Network.com/Zuma Press
Chez Worldchanging, Alex Steffen explique pourquoi la rédaction n’attache pas plus d’attention à la catastrophe qui sévit dans le Golfe du Mexique : pour eux, il ne s’agit que d’une goutte d’eau dans un océan de catastrophes quotidiennes. Il s’agit d’un symptôme de plus du malaise de la société actuelle, et le vrai courage politique serait de s’appuyer sur cet événement pour véritablement changer en profondeur les habitudes de notre société de consommation. Pour Ed Miliband, toujours sur Worldchanging, la crise engendrée par BP révèle surtout combien les dirigeants réfléchissent à court terme, et permet d’imaginer un autre futur.
Une chose est sûre, les dirigeants de BP passent de sales quarts d’heure actuellement, comme l’explique cet article d’Euronews. Leur tentative d’acheter des mots clefs sur Google Ad a été fortement décriée, d’autant que de nombreux journalistes et photographes ont été interdits d’accès à certains sites.
Pour sa part, dans le discours qu’il a prononcé il y a quelques jours dans le bureau ovale réservé aux temps de crise, Obama a insisté sur la façon dont cette catastrophe peut aider les Etats-Unis à adopter des politiques plus vertes. Le président des Etats-Unis n’hésite pas à qualifier la catastrophe de « 11 septembre écologique » ce qui, d’après un sondage effectué par le Guardian, ne plaît pas à tout le monde. Même si cela se justifie, explique Lila Nordstrom sur le Guardian : pour elle, l’effondrement des tours jumelles aurait beaucoup à apprendre au peuple américain sur la gestion de la marée noire en Louisiane.
Poursuivons par des chiffres et des images, atroces, douloureuses. Sur le site Daily Dead Birds et le fil Twitter dédié, vous pourrez suivre le mortel décompte d’animaux touchés par la marée noire.
Sur Grist, David Robert propose un dessin qui permet de visualiser l’énergie contenue dans le pétrole de la marée noire : elle correspondrait à l’énergie que gaspillent 75000 foyers en un an…
Our Amazing Planet vous propose de son côté un trèèèès long dessin vous donnant un bon ordre d’idée sur la profondeur du forage de la plateforme. Si vous souhaitez vous rendre compte du désastre en photo, rendez-vous sur The Big Picture… les pélicans, les tortues mortes, le pétrole qui colle aux pattes… la nausée nous gagne. La colère, aussi.
Une autre solution pour visualiser le périmètre sur lequel s’étend la marée noire : le site ifitwasmyhome.com, qui prend en compte votre géolocalisation pour vous indiquer quelle étendue cela représenterait chez vous…
Malgré le marasme ambiant, plusieurs initiatives et campagnes ont été lancées pour relativiser… disons qu’il s’agit d’une façon d’exprimer sa colère et sa frustration. Après le buzz créé par le faux compte Twitter de BP, place aux parodies : sur The Huffington Post, on trouve une parodie d’un film initialement réalisé pour la marque Domino Pizza, qui explique comment BP pourrait prendre à son compte les critiques. Une autre vidéo qui fait un gros ramdam actuellement : celle où l’on voit comment l’équipe dirigeante de BP gère le débordement d’une tasse de café .
On trouve aussi sur la toile des posters de célèbres dessins animés revisités avec le prisme de la marée, tel Nemo.
Ou bien encore, via Ecorazzi, un détournement de l’affiche du film Armageddon.
Greenpeace, qui suit activement la progression des événements dans le Golfe du Mexique , a également lancé un concours de révision du logo de BP. La créativité n’est pas en berne pour saper l’image de marque à hauteur des dégâts provoqués…
A noter : le 26 juin aura lieu la manifestation Hands accross the sand, une chaîne humaine planétaire. Le but, d’après Mother Nature Network : se rassembler pour exprimer sa colère et éloigner la marée noire des plages …
Notons aussi ce morceau de Lenny Kravitz, Mos Def et More Jam, composé pour venir en aide aux habitants du Golfe du Mexique. A passer en boucle cet été… ?














Mais continuons à plonger… dans l’eau cette fois-ci : plusieurs campagnes signées par la 

Alors avec tout cela j’imagine que vous avez besoin d’un bon bol d’air frais n’est-ce pas ?

Grist







Ecolorama
RSS
Facebook
Twitter