Archive pour le mot-clef ‘Alter Eco’

L’actualité verte qu’il ne fallait pas manquer cette semaine

Vendredi 10 juin 2011

C’est vendredi. Vous n’avez pas eu le temps de scruter les médias cette semaine à la recherche des informations concernant l’environnement ? Global mag l’a fait pour vous. Petite sélection :

L’avion solaire en route pour Paris
Conçu par les Suisses Bertrand Piccard et André Borschberg, Solar Impulse, un avion alimenté grâce à des panneaux solaires, devrait décoller samedi matin de Bruxelles, à destination de Paris, aéroport du Bourget, le temps du Salon de l’aéronautique. Un vol à suivre en direct ici, à condition qu’il ne pleuve pas…

Copenhague : et si ça s’était passé autrement ?
Les étudiants de Sciences Po Paris ont rejoué toute la semaine les négociations internationales sur le climat de Copenhague. Une initiative à revivre sur le site de l’évènement.

Les dromadaires australiens souffrent du réchauffement climatique
Non, ils ne souffrent pas de la chaleur, mais ils risquent d’être abattus, explique Le Monde. En effet, ils rapporteraient gros en compensation carbone…

Pas facile d’être un cycliste
Casey habite New York et roule à vélo dans les rues de la Big Apple. Pas toujours sur les pistes cyclables… résultat : il a reçu une amende de 50 dollars. Afin de montrer la dangerosité des voies réservées aux deux-roues, il a réalisé ce petit film :

On sort écolo et responsable
Ce vendredi soir, à Paris, au Cabaret Sauvage, l’entreprise de commerce équitable Alter Eco organise son festival éco-conçu. Plus d’infos par ici.

Revue de web #9 – Reprise en douceur

Lundi 30 août 2010
Revue de Web #10 – Août 2010
Photos de vacances et reprise en douceur
Je vous vois revenir, là, tous frais, comme de vrais gardons à peine sortis du ruisseau, près à vous remettre au boulot… C’est bien joli tout ça, mais pendant que vous preniez du repos, qui s’est occupé de votre petite revue de web aoutienne ? C’est Bibi ! Comme l’heure est à la nostalgie estivale en regardant les photos des copains brûlés sur la plage, je vous propose, une fois n’est pas coutume, une revue de web en images et en clichés…
Pour commencer, voilà une photo prise dans les canyons dans le sud de l’Utah. Les garçons sur la photo, je ne vous raconte pas : ce sont des geeks finis, et leur trip consiste à partir pendant 3 jours en pleine nature afin de déconnecter afin de voir comment l’usage des nouvelles technologies altère notre manière de penser ( HYPERLINK « http://www.nytimes.com/2010/08/16/technology/16brain.html?ref=technology » http://www.nytimes.com/2010/08/16/technology/16brain.html?ref=technology et  HYPERLINK « http://www.internetactu.net/2010/08/23/ce-quil-y-a-de-bon-dans-la-deconnexion/ » http://www.internetactu.net/2010/08/23/ce-quil-y-a-de-bon-dans-la-deconnexion/ pour la version française). Résultat de l’opération ? Ca a du bon de faire un break…
A mon avis, si vous voulez faire un vrai break, arrêtez tout, tout de suite et mettez vous en lévitation jusqu’à la fin de l’année, car nous vivons à crédit depuis le 21 août ! Chaque année, l’ONG Global Footprint Network calcule le « jour du dépassement » – le jour où l’humanité a utilisé plus de ressources naturelles dans l’année que ce que la Terre est capable de produire. (« Earth Overshoot Day » in English –   HYPERLINK « http://www.footprintnetwork.org/en/index.php/GFN/page/earth_overshoot_day/ » http://www.footprintnetwork.org/en/index.php/GFN/page/earth_overshoot_day/). Comme l’explique GreenIT ( HYPERLINK « http://www.greenit.fr/article/acteurs/samedi-21-aout-jour-du-depassement-3077″ http://www.greenit.fr/article/acteurs/samedi-21-aout-jour-du-depassement-3077), c’est un peu comme si vous aviez dépensé « l’intégralité de vos revenus annuels en neuf mois (…), la situation n’en est pas moins terrible lorsqu’il s’agit de notre budget écologique »
Bien entendu, comme tout le monde n’est pas capable d’entrer en lévitation et d’arrêter toute consommation, j’ai trouvé d’autres solutions pour vous aider à passer ce mauvais cap. Pourquoi ne pas faire comme mon ami Tristan Lecomte, et mettre la main à la pâte (heu, à la terre, plutôt) ? Lui qui, depuis 12 ans, interroge les producteurs dans le cadre de la marque Alter Eco, a décidé de franchir le pas et de devenir à son tour, le temps d’une saison, petit producteur. Il témoigne de cette expérience sur son blog (http://tristanlecomte.altereco.com/tristan/), et tout cela est passionnant.
INCLUDEPICTURE « http://tristanlecomte.altereco.com/.a/6a00d83452c51b69e2013486600a5c970c-800wi » \* MERGEFORMATINET
Vous pouvez aussi imiter l’artiste américain Doug Aitken ( HYPERLINK « http://www.dougaitkenworkshop.com/ » \t « _blank » http://www.dougaitkenworkshop.com/) et vous entraîner à écouter parler la terre. A l’aide d’un pavillon sonore aux murs de verre réalisé pour l’Instituto Cultural Inhoti, dans le sud du Brésil, il enregistre le langage terrestre. C’est à déguster avec des écouteurs bien ancrés sur les oreilles, et ça se passe par là. ( HYPERLINK « http://www.anothermag.com/exclusives/dougaitken » http://www.anothermag.com/exclusives/dougaitken)
INCLUDEPICTURE « http://www.greenmuze.com/images/stories/photos/art/artists/art310/rainforest2.jpg » \* MERGEFORMATINET
Autre solution dans le genre, faire comme Bjork… ( HYPERLINK « http://www.lecridurenne.fr/blog/2010/08/19/l-islande-defendu-par-bjork.html » http://www.lecridurenne.fr/blog/2010/08/19/l-islande-defendu-par-bjork.html)… L’artiste est révoltée que son pays, l’Islande, ait vendu une de ses plus grandes usines géothermiques à des Canadiens.  INCLUDEPICTURE « http://www.lecridurenne.fr/media/4551″ \* MERGEFORMATINET
Bon, ce genre de démarches n’étant pas des plus aisées, j’ai cherché d’autres idées, et je vous propose de rejoindre les rangs du collectif Knitta Please, une initiative lancée par Magda Sayeg, qui a décidé de tricoter notre mobilier urbain. C’est gai, c’est doux, et ça donne du pep’s en cette rentrée, non ?
INCLUDEPICTURE « http://bonnenouvelle.blog.lemonde.fr/files/2010/07/extreme-knit1.1279987218.jpg » \* MERGEFORMATINET
Autre suggestion : vous mettre au graffiti de mousse pour exprimer votre envie de re-végétaliser votre entourage. La recette est simple : pour la colle, mélangez de la farine, de la bière, du yaourt et du sucre. Pour la mousse, récupérez là dans un jardin ou dans des friches urbaines par exemple. D’après le blog Cultures Mobiles ( HYPERLINK « http://blog.culturemobile.net/index.php/2010/08/09/447-graffitis-ecologiques » http://blog.culturemobile.net/index.php/2010/08/09/447-graffitis-ecologiques), « une démonstration sera faite en septembre sur le  HYPERLINK « http://www.naturel-brut.fr/dans-paris/ » \l « happening-graffitis-ecolos » circuit Art et biodiversité organisé par WWF. » D’autres conseils et recettes sont disponibles sur le site des Guerilla Gardening Parisiennes ( HYPERLINK « http://guerillagardeningparis.xooit.fr/t53-Graffiti-en-mousse.htm » http://guerillagardeningparis.xooit.fr/t53-Graffiti-en-mousse.htm)
Bon, il y a aussi une façon un peu plus radicale de dire les choses, si vraiment vous insistez : envoyer balader votre entourage…
A l’image du clip en « motion typography » de CeeLoGreen (le Ben Oncle Soul américain),  HYPERLINK « http://www.youtube.com/watch?v=CAV0XrbEwNc&feature=player_embedded » http://www.youtube.com/watch?v=CAV0XrbEwNc&feature=player_embedded, la campagne de levée de fonds lancée dans le cadre de la marée noire  HYPERLINK « http://www.unf–kthegulf.com/ » http://www.unf–kthegulf.com/ est assez explicite !
<iframe src= »http://player.vimeo.com/video/12968475″ width= »400″ height= »225″ frameborder= »0″></iframe><p><a href= »http://vimeo.com/12968475″>Oil Spill Charity « F-Bomb-A-Thon »</a> from <a href= »http://vimeo.com/user4141097″>UnF–kTheGulf.com</a> on <a href= »http://vimeo.com »>Vimeo</a>.</p>
Allez, on y va tous en cœur ! Ambiance garantie ! Si certains sont choqués vous n’aurez qu’à dire que c’est tendance… Sans trop vous faire mousser bien sûr…
Je vous vois revenir, là, tous frais, comme des gardons à peine sortis du ruisseau, prêts à vous remettre au boulot… C’est bien joli tout ça, mais pendant que vous preniez du repos, qui s’est occupé de votre petite revue de web aoutienne ? C’est Bibi ! Comme l’heure est à la nostalgie estivale en regardant les photos des copains brûlés sur la plage, je vous propose, une fois n’est pas coutume, une revue de web en images et en clichés…
Un des neuro-scientifiques testant les vertus de la déconnexion totale... - Source : New York Times

Un des neuro-scientifiques américains testant les vertus de la déconnexion totale... - Source : New York Times

Pour commencer, voilà une photo prise dans les canyons dans le sud de l’Utah. Ce monsieur et ses collègues sont neuro-scientifiques et ils se sont offert une session de rafting en pleine nature. Objectif – très sérieux : opérer une déconnexion totale afin de voir comment l’usage des nouvelles technologies altère notre manière de penser (ici en version française). Résultat de l’opération ? Ca a du bon de faire un break…
Au 30 août 2010, l'humanité avait utilisé 103% des ressources naturelles de l'année... - Source : Global Footprint Network

Au 30 août 2010, l'humanité avait utilisé 103% des ressources naturelles de l'année... - Source : Global Footprint Network

A mon avis, si vous voulez faire un vrai break, arrêtez tout, tout de suite, et mettez vous en lévitation jusqu’à la fin de l’année, car nous vivons à crédit depuis le 21 août ! Chaque année, l’ONG Global Footprint Network calcule le « jour du dépassement » – le jour où l’humanité a utilisé plus de ressources naturelles dans l’année que ce que la Terre est capable d’offrir. Comme l’explique GreenIT, c’est un peu comme si vous aviez dépensé « l’intégralité de vos revenus annuels en neuf mois (…), la situation n’en est pas moins terrible lorsqu’il s’agit de notre budget écologique ».

Bien entendu, comme tout le monde n’est pas capable d’entrer en lévitation et d’arrêter toute consommation, j’ai trouvé d’autres solutions pour vous aider à passer ce mauvais cap. Pourquoi ne pas faire comme mon ami Tristan Lecomte, et mettre la main à la pâte (heu, à la terre, plutôt) ? Lui qui, depuis 12 ans, interroge les producteurs dans le cadre de la marque Alter Eco, a décidé de franchir le pas et de devenir à son tour, le temps d’une saison, petit producteur. Il témoigne de cette expérience sur son blog, et tout cela est passionnant.
Tristan Lecomte, d'Alter Eco, en plein apprentissage de la culture du riz - Source : tristanlecomte.altereco.com

Tristan Lecomte, d'Alter Eco, en plein apprentissage de la culture du riz - Source : tristanlecomte.altereco.com

Vous pouvez aussi imiter l’artiste américain Doug Aitken et vous entraîner à écouter parler la terre. A l’aide d’un pavillon sonore aux murs de verre réalisé pour l’Instituto Cultural Inhoti, dans le sud du Brésil, il enregistre le langage terrestre. C’est à déguster avec des écouteurs bien ancrés sur les oreilles, et ça se passe par là.
L'installation de l'artiste Doug Aitken pour enregistrer le son de la Terre... - Source : Doug Aitken

L'installation de l'artiste Doug Aitken pour enregistrer le son de la Terre... - Source : Doug Aitken

Autre révolte d’artiste, celle de Bjork… L’artiste est révoltée que son pays, l’Islande, ait vendu une de ses plus grandes usines géothermiques à des Canadiens.
Bjork à l'écoute de la terre de son pays : elle veut défendre les usines de géothermie nationale - Source : Le cri du renne
Bjork à l’écoute de la terre d’Islande : elle veut défendre les usines de géothermie nationales – Source : Le cri du renne
Bon, ce genre de démarches n’étant pas des plus aisées, j’ai cherché d’autres idées, et je vous propose de rejoindre les rangs du collectif Knitta Please, une initiative lancée par Magda Sayeg, qui a décidé de tricoter notre mobilier urbain, des plots de trottoir… aux bus. C’est gai, c’est doux, et ça donne du pep’s en cette rentrée, non ?
Un bus de Mexico passé par les mains tricoteuses du collectif Knitting - Source : magdasayeg.com

Un bus de Mexico passé par les mains tricoteuses du collectif Knitta Please... - Source : magdasayeg.com

Autre suggestion : vous mettre au graffiti de mousse pour exprimer votre envie de re-végétaliser votre entourage. La recette est simple : pour la colle, mélangez de la farine, de la bière, du yaourt et du sucre. Pour la mousse, récupérez là dans un jardin ou dans des friches urbaines par exemple.
Quand l'art urbain s'inscrit dans la mousse... - Source : Cultures Mobiles

Quand l'art urbain s'inscrit dans la mousse... - Source : Cultures Mobiles

D’après le blog Cultures Mobiles, « une démonstration sera faite en septembre sur le circuit Art et biodiversité organisé par WWF ». D’autres conseils et recettes pour des graffitis écolos sont disponibles sur le site des Guerilla Gardening Parisiennes.
Il y a aussi une façon un peu plus radicale de dire les choses, si vraiment vous insistez : utiliser le fameux mot anglais en F… La campagne de levée de fonds lancée dans le cadre de la marée noire pour nettoyer le Golfe du Mexique ( »unf–kthe gulf » en version censurée) est assez explicite !
Allez, on y va tous en cœur, ambiance garantie ! Si certains sont choqués vous n’aurez qu’à dire que c’est tendance… Sans trop vous faire mousser bien sûr…

Global se met à l’équitable

Lundi 12 juillet 2010

Éliminer les intermédiaires, mettre en relation des personnes que tout oppose d’un bout à l’autre de la planète : entre les principes du web et ceux du commerce équitable, il n’y a qu’un clic de souris! Du nord au sud, des blogs de cuisine aux sites de vente en ligne, faites un tour de la web-planète équitable !

C’est l’aliment phare du commerce équitable : le quinoa. Voilà près de dix ans que la petite graine d’or a envahi nos assiettes et il est temps de se demander d’où elle vient. Une fois n’est pas coutume, supérettes bio et géants de l’agroalimentaire ont le même fournisseur : les hauts plateaux de Bolivie. Mais le succès du quinoa est tel qu’il menace l’environnement local et les productions vivrières. Notre reportage sur les traces de la graine miracle commence… dans un restaurant branché de la capitale.

Terminons ce repas par un carré de chocolat et une réflexion critique sur les liens entre commerce équitable et écologie. Peut-on être vert quand on fait venir des produits du bout du monde ? Quid des produits chimiques, de l’épuisement des sols, de l’agriculture vivrière ? Global a cuisiné un acteur majeur de la filière : Tristan Lecomte, dirigeant de l’entreprise Alter Eco.

« Nous avons créé le chocolat parfait ! »

Vendredi 21 mai 2010

Suite de l’interview de Tristan Lecomte, dirigeant d’Alter Eco, sur les liens – et les contradictions – entre le commerce équitable et l’écologie.

On reproche aussi au commerce équitable de favoriser les cultures d’exportation, au détriment de l’agriculture vivrière.
Nous avons mené une étude sur cette question, et créé l’Alter Eco Gold Standard, un référentiel qui prend en compte tous les enjeux du développement durable, y compris la question de la souveraineté alimentaire. Pour l’instant, ce cahier des charges intégral s’applique au chocolat de la coopérative Acopagro, au Pérou. Il est équitable, bio et participe à la reforestation puisque nous avons déjà planté 400.000 arbres en compensation carbone. Nous avons donc créé le chocolat parfait ! Peu à peu, nous allons ainsi garantir que tous les produits Alter Eco sont parfaitement durables.

Francisco petit

Pourquoi ne pas proposer du commerce équitable Nord-Nord ? Ça éviterait bien des transports et des critiques…
Il faut aider les petits producteurs français, on y travaille depuis des années. Mais c’est compliqué : les lois européennes interdisent de fixer un prix plancher pour les petits producteurs, par exemple. Les coopératives ne nous facilitent pas la tâche, en tous cas les grosses : elles défendent mal les intérêts de leurs membres les plus modestes. Certains responsables nous disent en substance : « Laissez tomber, ce sont des tocards, des alcooliques, s’ils n’y arrivent pas c’est de leur faute. » C’est hallucinant d’entendre ça de la part de personnes censés représenter les producteurs ! Donc la question est complexe. Mais cette année on va lancer des produits équitables du Nord.

Image 1Lesquels ?
Je ne peux pas encore le dire.

Et le commerce équitable Sud-Sud ?
Il existe déjà, c’est une idée reçue de penser que le commerce équitable est seulement destiné à l’exportation ! En Thaïlande, par exemple, les coopératives équitables vendent les brisures de riz, qui ne s’exportent pas. Le problème c’est que ces ventes locales représentent en général moins de 20% des ventes des coopératives. Le marché n’est pas solvable, le pouvoir d’achat est ici, en Europe…

N’êtes-vous pas parfois tenté de dire : ‘Mon travail c’est de lutter contre la pauvreté, que d’autres s’occupent de l’écologie’ ?
Non, vous ne pouvez pas prétendre faire du développement durable en ne vous préoccupant que d’un aspect, économique, social ou écologique. Sinon vous vous confronterez toujours à l’un des problèmes. Il faut intégrer peu à peu toutes les dimensions.

Séchage cacao petit

C’est très optimiste…
C’est en montrant l’exemple qu’on avance. Pur Projet, la structure de compensation carbone que nous avons créée en parallèle d’Alter Eco, finance des programmes de reforestation en Bolivie et au Pérou. Eh bien nous avons invité d’autres entreprises à se joindre à notre démarche : des acteurs du commerce équitable, comme Veja, mais aussi des entreprises extérieures au secteur, comme Nestlé ou Procter et Gamble. Pour changer le monde, le commerce équitable doit avoir une vision globale. Sinon ce n’est pas du commerce équitable, ou en tous cas c’est limité.

Propos recueillis par Hélène Seingier
Photos : Eric Garnier – Alter Eco

« Le commerce équitable sera intégral ou ne sera pas ! » – Tristan Lecomte

Vendredi 21 mai 2010

Agriculture intensive, destruction des cultures vivrières, transports trop polluants… le commerce équitable ne serait pas très écolo. Pour clôturer cette Quinzaine du Commerce Equitable, nous avons questionné Tristan Lecomte, dirigeant de l’entreprise de commerce équitable Alter Eco.

JIM-TRISTAN petit

Quelles faiblesses reconnaissez-vous au commerce équitable du point de vue de l’écologie ?
C’est vrai que le système a ses limites. Les standards imposés par la filière sont insuffisants sur les thèmes de l’agriculture bio, de la lutte contre le réchauffement climatique, des emballages… Chez Alter Eco, on évolue. Au début nos produits étaient seulement équitables, aujourd’hui ils sont tous bio ou en transition vers le bio. Nous sommes dans une démarche de réduction des emballages et des transports. Et nous compensons l’intégralité de nos émissions carbone, via des programmes de reforestation.

Mais le principe du commerce équitable c’est d’aller chercher des produits à l’autre bout du monde. Vous ne pouvez pas échapper aux transports !
D’après notre bilan carbone, certifié par l’Ademe, le transport de nos produits par bateau ne représente que 3% du total de nos émissions. En revanche, 40% viennent du transport en France, par camion. La production elle-même émet très peu de gaz à effet de serre : nos producteurs ne sont pas mécanisés, n’ont pas d’argent pour acheter des produits phytosanitaires, parfois à peine une ampoule chez eux… Pour le thé que nous vendons, par exemple, 60 à 80% de l’empreinte carbone du produit est liée à l’électricité que le consommateur utilise pour faire bouillir son eau ! Donc le problème n’est pas du tout en amont.

avion

Et les produits équitables frais, qui sont importés par avion ?
Je suis d’accord avec les critiques là-dessus. Chez Alter Eco nous ne proposons pas de mangues fraîches ni de fleurs. Pour nous, ces produits sont des anomalies dans le commerce équitable.

Vous dites que vous passez progressivement au bio. Pourquoi ne pas l’avoir exigé de vos fournisseurs dès le début ?
On ne peut pas régler tous les problèmes d’un coup ! La certification biologique coûte de 5000 à 10000 euros par coopérative, au début les petits producteurs sont trop pauvres pour se la payer. Mais peu à peu ils s’y mettent, même pour le coton, pourtant connu pour être polluant. Nous l’achetons bio à des producteurs du Sénégal.

Coopérative Alto el Sol

Les petits producteurs avec qui vous travaillez sont-ils soucieux de ces questions environnementales ?
Ils sont très sensibles au dérèglement climatique, ils en sont les premières victimes ! Ils connaissent des pluies plus intenses, des sécheresses plus longues. Le mois dernier, en Amazonie, ils ont même eu de la grêle, ils n’avaient jamais vu de grêlons ! Quant aux pesticides, ils voient leur impact sur leur santé, sur la santé de leurs enfants… Évidemment qu’ils veulent s’en passer. En faisant la démarche de se grouper en coopérative, ils sont déjà dans une démarche alternative, ils peuvent résister au lobby phyto-sanitaire. Ensuite c’est aussi à nous de leur proposer des démarches alternatives.

Cacao petitPar exemple ?
Par exemple l’agroforesterie, la combinaison de la forêt et de l’agriculture. Planter des arbres à côté du cacao ou du café, ça augmente les rendements : les arbres font de l’ombre et évitent l’érosion des sols, leurs racines aèrent la terre. Et à terme les agriculteurs peuvent vendre le bois – du teck, de l’acajou, du cèdre – et gagner 5 à 10 fois plus qu’avec autres productions agricoles. C’est un tout, ça fait partie de la vision intégrale : le commerce équitable sera intégral ou ne sera pas !

Suite de l’interview ici, où il est question de chocolat parfait et de commerce équitable Nord-Nord et Sud-Sud.

Propos recueillis par Hélène Seingier
Photos : Eric Garnier – Alter Eco