Par Anne-Sophie Novel
Après un mois d’avril sous le signe de l’amour bio, les femmes engagées se sont déchainées en mai ! J’en connais certains qui ne savent plus où donner de la tête d’ailleurs… Est-ce lié à la fête des mères ? Rien n’est moins sûr… Pour comprendre l’ampleur du phénomène, voilà un petit récapitulatif de ce qui a affolé la blogosphère verte en ce joli mois de mai 2011.
Pour commencer, une question posée par le site The Green Horns via Des Moines Register qui remarque qu’aux Etats-Unis, dans l’état de l’Iowa, plus de la moitié des terres sont détenues et cultivées par des femmes. La question est alors de savoir si l’instinct maternel pousse les femmes à concevoir leur rapport à la terre de manière différente, en insistant plus sur le besoin de la préserver. Certaines avouent avoir converti les cultures dont elles ont hérité en bio, conscientes que nous sommes ce que nous faisons pousser et ce que nous mangeons. Dans l’Iowa, 10% des fermes sont tenues par des femmes célibataires qui ont plus de 75 ans et se font parfois avoir sur les prix des rentes : l’arrivée de nouvelles génération d’agricultrices devrait redonner du dynamisme au marché !
Cette question nous mène à un autre constat sur lequel s’est attardé Janet Biehl (Militante de l’écologie sociale, Burlington (Vermont, Etats-Unis). Auteure de Rethinking Eco-feminist Politics, South End Press, Cambridge (Massachusetts, Etats-Unis), 1991.) dans le Monde Diplomatique (Féminisme et écologie, un lien naturel) en posant également la question de savoir si les femmes sont plus « vertes » que les hommes, si elles ont un rapport particulier à la nature, ou un point de vue privilégié sur les problèmes d’écologie. Aux Etats-Unis, les livres sur le sujet se sont multipliés depuis la fin des années 1960. L’éco-féminisme y est donc fort développé. D’autant que certaines études réalisées depuis les années 1980 montrent que « dans les pays industrialisés, les femmes sont effectivement plus préoccupées que les hommes par la destruction de l’environnement. Et, selon certaines études, elles ont bien une empreinte carbone plus faible »…
On comprend donc aisément le succès de la rencontre organisée à Los Angeles le 14 mai dernier par le réseau « Women of the Green Generation ». Plus de 300 femmes se sont réunies pour échanger sur leurs « green initiatives » et partager ensemble une autre façon de concevoir le monde et le business vert aujourd’hui. Car oui, ces nanas en veulent changer le monde, collaborer à large échelle et faire avancer les choses concrètement, d’une autre manière. Un exemple à suivre de ce côté de l’Atlantique en fait et qui change de l’image trop souvent donné aux femmes écolos, trop souvent stigmatisées comme des mamans adeptes de l’allaitement et des couches lavables… alors que les mompreneurs sont nombreuses !
Mais quitte à revenir aux fondamentaux qui font qu’une femme est femme, parlons aussi de cette belle initiative qui a vu le jour au Costa Rica. Dans un article paru sur le site La Nacion et traduit par Green et Vert, on apprend que le Brésil a aidé le pays à ouvrir une banque du lait maternel à l’hôpital Carlos Luis Valverde Vega, dans la ville de San Ramon. Cette banque de lait profitera aux enfants hospitalisés ou ayant besoin de soins spécifiques : « pour la première fois au Costa Rica, une équipe de professionnels accueillera les mères dont la production de lait est suffisamment importante pour pouvoir donner, afin que d’autres enfants bénéficient eux-aussi des bienfaits de l’allaitement. » Si ce type d’initiative se multiplie, cela permettra de réduire la mortalité infantile « en offrant aux nourrissons qui en ont le plus besoin un bon départ dans la vie ».
Mais pendant ce temps, toujours en Amérique, dans la partie nord du continent cette fois-ci, d’autres utilisent ce même lait maternel pour fabriquer du fromage. A l’image de l’artiste new-yorkaise Miriam Simun qui organise régulièrement des dégustations de trois types de fromage en combinant le lait de trois femmes avec du lait de vache et de chèvre. L’objectif ? Sensibiliser aux choix alimentaires : « Nous maltraitons les animaux, nous exploitons les gens, nous polluons la terre, et détruisons notre corps par ce que nous mangeons. La nourriture est un terrain de lutte et de révolution ». Nous sommes là dans un niveau de réflexion un peu plus poussé que les glaces qui ont défrayé la chronique londonienne en février dernier, les « baby gaga » étant alors (vendues comme des petits pains cela dit !) au prix de 16,5 euros…
La démarche a toujours le don d’interroger en tout cas…
…Alors qu’au même moment, en Suisse, Nestlé lance l’équivalent de la machine Nespresso mais pour lait maternel. Babynes, de son petit nom, n’est commercialisée que dans le royaume helvétique pour le moment… le débat ne fait pas encore rage, mais cela ne saurait tarder tant le créneau marketing est évident. De quoi, assurément, éveiller la contestation des éco-féministes !
Pour terminer cette revue de web, intéressons nous maintenant à deux jolis projets : le premier est porté par la belle Demi Moore, qui selon le site Ecorazzi est en train de réaliser un documentaire, Nepal’s Stolen Children, sur le trafic sexuel d’enfants au Népal. Cette initiative prend place dans le cadre du Freedom Project de la chaîne CNN dont le but est de lutter contre les formes d’esclavage moderne. Une affaire à suivre donc.
Le second est un calendrier réalisé par le photographe indien Suresh Natarajan dans le cadre de l’année internationale de la forêt. Les Green Guardians sont là pour montrer qu’en toute saison il est nécessaire de préserver nos surfaces boisées de la déforestation. Chaque année, 13 millions d’hectares de forêts disparaissent, soit environ un quart de la superficie de la France. Une façon de rappeler que nous avons bien besoin de gardiennes contre la folie des hommes…