Archive pour le mot-clef ‘Badinter’

Sommaire du lundi 26 avril

Lundi 26 avril 2010

Image 3Satellite – Tchernobyl : derrière le nuage
23 après la catastrophe, Tchernobyl reste une zone interdite. Et pourtant, il y a quelques signes de vie. Chaque matin, deux mille ouvriers viennent travailler sur le site de l’explosion.  Vu du ciel : quelques logements, une superette, des check points… Les hommes sont bien là. Et les animaux reviennent. Des espèces rares comme le cheval sauvage ou le loup habitent la forêt. L’Ukraine espère même reconvertir la zone interdite… en réserve naturelle.

Focus – Les Bishnoi, l’écologie comme Bible
C’est une histoire à méditer. Il était une fois un maharadjah qui voulait couper des arbres.
Les villageois n’étaient pas d’accord. Alors, ils enlacèrent les arbres et préférèrent se laisser massacrer par les soldats du maharadjah.
Cette histoire bien réelle, c’est le mythe fondateur des Bishnoi, une communauté hindoue du nord-ouest de l’Inde. Une communauté qui depuis le sacrifice de ses ancêtres place la nature au-dessus de tout. Et ça fait 500 ans que ça dure. Départ pour le Rajasthan.

Planète durable -  Verte de rage contre  Élisabeth Badinter

C’est le débat qui fait rage en France depuis plusieurs semaines. Un débat lancé par la philosophe Élisabeth Badinter. Dans sa ligne de mire : l’allaitement à tout prix et le retour aux couches lavables.
C’est bon pour la planète, mais c’est peut-être aussi un retour en arrière. Écologie contre féminisme. Global ce soir entre dans la polémique.

Maman, écolo et féministe ? Oui, c’est possible !

Vendredi 26 février 2010

Avec son livre Le conflit, Elisabeth Badinter a jeté un pavé dans la mare. Elle y affirme que le «naturalisme» actuel fait du tort au féminisme, qu’il menace les acquis des femmes obtenus de haute lutte ces dernières décennies. Des femmes éco-activistes ont immédiatement riposté avec «Vertes de rage», une lettre ouverte à la philosophe. Chez Global mag nous avons sollicité une blogueuse maman et écolo, pour lui demander ce qu’elle en pensait.

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Frédérique et son fils

Avant la naissance de mon fils Émile, mon objectif n’était absolument pas d’être une maman écolo. D’ailleurs, il y a quatre ans, on entendait beaucoup moins parler de ce « modèle » de maman dans les médias. Durant ma grossesse, j’ai beaucoup réfléchi à comment je voulais vivre cette maternité, non pas en me basant sur une image parfaite de celle-ci mais plutôt sur mes désirs profonds.

Ce qu’on appelle le maternage – l’accouchement sans péridurale, l’allaitement longue durée, le co-dodo (dormir avec lui), le portage, l’alimentation bio, … – s’est imposé comme une évidence. Comme s’il était impossible pour moi de faire autrement.

Bon là, j’arrête tout de suite l’image que votre cerveau se fait de moi. Vous m’imaginez ultra naturelle, vêtue d’une robe fleurie en chanvre équitable buvant mon thé ayurvédique devant mes chèvres dans le Larzac ? C’est raté!

Je suis cheffe d’entreprise, j’adore sortir en ville, je vais acheter mon pain avec du mascara et du blush, je m’habille chez Zara et TopShop (la mode éthique est superbe mais trop chère pour moi) et je ne jure que par le café et le vin rouge.

Et, bien que je sois écolo, je mets un point d’honneur à ce que mon fils et moi-même, restions complètement adaptables à toutes les situations. S’il est invité au McDo par un de ses copains, qu’il y aille ! Les fast-food m’insupportent mais ils font partie de la vie, alors il faut qu’il connaisse.

Déçus ? Je casse votre belle image de la maman écolo. Sérieusement, si vous me voyez dans la rue, jamais vous ne penserez que je suis une adepte du maternage. Cerise sur le gâteau – n’en déplaise à Mme Badinter si je ne rentre pas dans son schéma – je suis féministe et pour rien au monde je ne renoncerais à mon travail. Je suis la preuve vivante que maternage, féminisme et vie professionnelle sont tout à fait compatibles.

Badinter

Source : Michèle Delaunay (Flickr)

Sauf que, soyons honnêtes. Tout ceci est possible parce que j’ai un mari extrêmement présent (presque plus féministe que moi !) et une famille adorable qui me soutient dans mes choix.

J’ai toujours pu allaiter sans gêne lors des repas de famille (mais non je ne montre pas mes seins à tout le monde, je fais ça discrètement). Pendant les tétées nocturnes, mon mari m’apportait gentiment une tisane pour me soutenir et il se levait le matin pour me laisser dormir un peu. Dans ces conditions, j’aurais pu allaiter des triplés pendant 10 ans !

Pour faire une petite parenthèse, un mari qui milite pour l’équité entre hommes et femmes ce n’est pas forcément la panacée : «Chérie peux-tu aller au garage changer le pneu crevé, je dois emmener le petit à l’éveil musical». Sympa la parité ! Vivement le retour du bon vieux partage traditionnel des tâches. Mais non Élisabeth du calme, je blague. Merci pour tout ce que tu as fait pour nous.

Mon secret n’est pas sorcier. Je prends plaisir à être une maman écolo. Je ne supporterais pas de le vivre comme une contrainte. C’est peut-être ça la clé, avoir du plaisir…

Mais je conçois que le maternage puisse ne pas convenir à toutes les femmes. Soit parce que cela ne correspond pas à leur personnalité, soit parce que leur entourage n’y est pas propice. Je suis mal placée pour les juger. Je serais surement une autre maman avec un mari macho et une famille qui critique mes choix.

Bref, tout cela démontre une chose très simple. Une famille, ça se gère à deux. Je constate que toutes les mamans écolos épanouies le sont notamment grâce à un compagnon aussi impliqué qu’elles. Le maternage est un projet commun, difficile à réaliser seule, mais ô combien riche lorsque bien vécu.

Frédérique Chartrand