Archive pour le mot-clef ‘consommation’

Commerce équitable : « nous devons trouver un second souffle »

Jeudi 19 mai 2011

La crise économique n’épargne aucun secteur. Pas même celui du commerce équitable qui veut pourtant lutter contre les causes mêmes de cette crise financière. En 2010, les associations et les organismes du secteur ont constaté un ralentissement de l’activité. En pleine quinzaine du commerce équitable, c’est l’heure du bilan.

« Il y a effectivement un ralentissement, explique Jean-Pierre Doussin, président de l’association Max Havelaar France. En 2010, on a eu 5% de croissance. C’est sûr que par rapport à 2005, où nous avions 73% de croissance, ça se réduit, mais on est encore dans le positif », souligne-t-il néanmoins, rassurant. Mais avec 13% de croissance en 2009, la chute est rude, et chacun essaie d’en comprendre les causes.

>> Où fêter la quinzaine du commerce équitable ? Nos adresses ici

Premier sur le banc des accusés : le pouvoir d’achat. Avec un porte-monnaie moins fourni en raison de la crise, les Français auraient tendance à privilégier un produit identifié comme moins cher ou discount plutôt que son homologue, labélisé commerce équitable. Et en effet, les ventes de ces produits dans les grandes surfaces ont reculé en 2009, selon une étude reprise sur le site Novethic.

Effet de seuil

Mais ce n’est pas la seule hypothèse envisagée. « Il y a un effet de seuil indéniable, après plusieurs années de croissance à deux chiffres », analyse Julie Stoll, coordinatrice de la Plate-forme pour le commerce équitable. Les consommateurs les plus faciles à convaincre ont été convaincus. Les autres ne le seraient pas encore.

Un ralentissement normal alors ? « Nous sommes dans une année charnière, estime pour sa part Frédéric Karpyta, auteur de « La face cachée du commerce équitable » (Bourin éditeur). Nous allons voir si ce ralentissement est effectivement dû à la crise ou s’il y a réellement un essoufflement du commerce équitable », prévient-il.

Problème de cohérence

Ce dernier pourrait être dû, selon ce journaliste, à la volonté même du commerce équitable de se démocratiser, en s’implantant dans les grandes surfaces. « Je pense que l’introduction de produits de marque distributeurs labélisés Max Havelaar dans les supermarchés pose problème, explique-t-il. Les deux produits se côtoient : MDD (marque de distributeur) et produits de groupe comme Ethiquable ou Alter Eco. Avec les MDD, on attire le consommateur sur le prix, mais pas sur le qualitatif. »

Pourtant, l’essence même du commerce équitable était justement de proposer des produits originaux, de bonne qualité. « Ce n’est pas forcément cohérent, et sur les produits MDD équitables, on n’a plus l’origine du produit d’indiquée, avec les détails de la démarche. Comment les gens peuvent-ils alors s’installer dans un achat durable ? », s’interroge Frédéric Karpyta.

« Nous devons trouver un second souffle »

Alors quelle stratégie aujourd’hui pour le commerce équitable ? « Nous devons trouver un second souffle », estime Jean-Pierre Doussin. Le président de Max Havelaar France insiste sur le message qui s’inscrit derrière le commerce équitable. « Nous devons expliquer que c’est une forme durable d’agriculture. Car c’est cette agriculture qui va nourrir le monde et permettre aux petits exploitants d’améliorer leurs conditions de vie ».

Et ce message pourrait toucher encore de nombreux consommateurs. « Il y a une marge de progression encore très importante, estime Julie Stoll. Dans des pays qui ont davantage de moyens de sensibilisation, nous avons constaté que le commerce équitable était mieux implanté ». Tout résiderait donc dans l’échange et le plaidoyer.

Une des pistes pour développer la connaissance du secteur pourrait être les consommations « hors domicile ». Ces dernières sont en importante croissance en 2010. Hôtels, restaurants ou encore collectivités territoriales se mettent au commerce équitable. « Ça rentre dans les mœurs, on a droit de citer un peu partout, se félicite Jean-Pierre Doussin. » Une façon de conquérir davantage de consommateurs ? « Pas sûr que ce soit le lieu pour le plaidoyer », relativise néanmoins Frédéric Karpyta. Quoiqu’il en soit, les organismes du secteur ont décidé de continuer à sensibiliser et à expliquer la nécessité de consommer autrement.

Oriane Raffin

Et vous, consommez-vous des produits issus du commerce équitable ? Votre attitude a-t-elle changée en 2010 en raison de la crise ?

Le café, pas si mauvais pour la santé ?

Jeudi 31 mars 2011

Bourré d’antioxydants et bronco-dilatateur, le café ne serait pas si mauvais que ça. Il aiderait aussi à lutter contre la maladie de Parkinson. Mais attention à ne pas en abuser ! Luc Smilovici nous livre ses conseils.

Le commerce équitable concerne aussi les agriculteurs français

Jeudi 31 mars 2011

Il n’est plus seulement l’apanage des pays en voie de développement : des producteurs français vendent aussi via le commerce équitable, ce qui leurs assure des revenus minimums.

Le jour ou j’ai décidé de manger bio

Jeudi 31 mars 2011

image documentaireAlors que j’avais pour habitude de croquer dans ma belle petite pomme pink lady chaque matin, pensant faire un bien fou à ma petite santé, j’ai soudain réalisé que je me trompais sur toute la ligne. En effet, ma pomme n’était pas bio mais issue de l’agriculture intensive. J’ai appris que c’est des vingtaines de résidus de pesticides que j’ingurgitais chaque matin au réveil : thiabendazole, bocalide, thiophanate, methyl, dioxyne, PCB et autres termes scientifico-barbares. Même si je ne comprends un mot de la liste énumérée ci-dessus, une chose est sûre, ils sont nocifs pour la santé, voire cancérigènes. Tout de suite, ma pink lady m’est apparue moins belle et savoureuse qu’elle n’y paraissait.

Manger peut-il nuire à la santé?

Pour ma santé, j’avais pourtant bien adopté l’adage « Mangez cinq fruits et légumes par jour ». Je pensais bien faire… ils avaient juste omis de spécifier « sans pesticides ». Et ça, je l’ai découvert en tombant sur le documentaire « Manger peut-il nuire à la santé? » du réalisateur Eric Guéret et de son acolyte, la journaliste Isabelle Saporta spécialiste en alimentation. Un vrai choc. Non pas que j’ignorais les méfaits de l’agriculture intensive, mais là, j’en suis ressortie vraiment secouée. Mon assiette n’avait plus la même gueule, comme défigurée par un amas de parasites mortifères. C’est pour dire, j’ai même décidé d’arrêter la « pink lady ». Bon, les premiers jours ne furent pas sans difficultés, mais à force de me répéter que ma pomme s’avérait nuisible à ma santé, j’ai fini par m’y faire. C’est comme la cigarette: c’est une question de volonté!

Ce film donne le ton dès le départ. Tout commence par une prise de sang. La journaliste la soumet à une analyse scientifique. Plus de quarante résidus de pesticides y sont détectés. Ca fait froid dans le dos. Mercure, arsenic, plomb et autres produits dangereux. Qui proviennent de notre alimentation.

La journaliste mène alors son enquête notamment dans un verger de pommes et un élevage de porcs français et dans un élevage de saumons norvégien. Elle remonte ainsi les filières de fabrication d’aliments phares de notre alimentation quotidienne. Et on constate à quel point ils sont toxiques. Les cochons sont gavés d’antibiotiques, les graines baignent dans les insecticides et les saumons de Norvège sont nourris artificiellement aux farines de poissons et aux huiles végétales.

Afin d’apporter davantage de crédibilité aux données rapportées de ces investigations, elle s’entoure d’un comité d’experts spécialisés en nutrition, toxicologie et cancérologie. La science ayant toujours le dernier mot, on ne peut que s’en fier aux résultats et arguments à l’appui de ces cinq scientifiques. On apprend notamment qu’en gavant les cochons d’antibiotiques, ils passent dans la chaîne alimentaire et menacent l’efficacité de nos propres antibiotiques.

Sans oublier qu’on apprend que si la population manque cruellement d’omégas 3, c’est en partie à cause des animaux eux-mêmes nous explique le neuropsychiatre David Servan-Schreiber. En effet, les vaches sont retirées des pâturages et ne mangent plus leur aliment naturel qu’est l’herbe, une plante à forte teneur en oméga 3.

Pour une alimentation saine 100% bio

Et c’est donc suite à cette série de révélations, que j’ai décidé de me nourrir convenablement et exclusivement de produits bios. Ce samedi 26 mars 2011 a signé mes premiers pas dans l’antre de l’alimentation saine et équilibrée. Je suis allée taper à la porte d’un magasin bio et j’y ai rempli mon caddie de quelques pommes et oranges. La teneur en vitamine C y est nettement plus importante. C’est scientifiquement prouvé. Véritable concentré d’anti-oxydants.

Puis, j’y ai ajouté du pain aux graines de lin riche en fibres et acides gras, quelques yaourts et volailles à forte teneur en omégas 3. Et enfin, je me suis accordée un petit plaisir gourmand : un gâteau au chocolat au lait de soja.

Bon je l’admets, les produits sont plus chers que ceux des grandes surfaces. Mais pourquoi pas consommer moins et mieux? En plus, c’est tout benef’ pour sa ligne. Voilà un argument qui devrait vous convaincre, vous les filles, tout comme les garçons d’ailleurs.

Et plus largement, au-delà de sa silhouette, manger bio, c’est faire preuve de respect vis-à-vis des producteurs. Ceux-là même qui, en manipulant les pesticides, s’exposent à de graves risques de cancers. C’est faire preuve de respect vis-à-vis de l’eau que nous buvons. Celle-là même contaminée par l’agriculture intensive qui pollue nos nappes phréatiques. Et enfin, c’est concourir au développement d’une agriculture saine, durable et sans pesticide. Convaincant non ?

Anouk Rijpma

Sommaire du jeudi 10 mars

Jeudi 10 mars 2011

EM44

Cité Internationale Universitaire de Paris – La nature reprend ses droits dans les jardins
Le jardinier en chef de la Cité Internationale Universitaire de Paris s’occupe de 34 hectares d’espace vert. Son objectif : laisser la nature à elle-même. Un arbre mort peut ainsi devenir une niche écologique qui va abriter les animaux.

Domino – Le gaz de schiste provoque la panique au Larzac
Les habitants de la région s’inquiètent des projets d’extraction de ces gaz, contenus dans les roches. Les industriels y voient un véritable trésor. Les écolos, eux, dénoncent les méthodes de forage qui consomment beaucoup d’eau et risquent d’endommager et polluer la région. A l’image de ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis.

Cuisine – Bien gérer les dates limites de consommation
Chaque Français jette chaque année 20 kilos de nourriture. Dont une bonne partie encore emballée. Luc Smilovici vous donne ses trucs pour éviter le gaspillage : acheter avec des dates limites de consommation éloignées, ne pas toujours jeter et surtout bien ranger ses aliments chez soi.

Planète durable – Wal-Mart met ses clients au régime
Alors que deux Américains sur trois sont obèses, le leader des supermarchés s’est mis au light. Ce temple de la mal-bouffe, des produits gras et sucrés, veut faire perdre du poids à ses consommateurs. Moins de sel ou de sucre dans les produits. Et surtout une belle opération marketing.

Toile verte – Quand les ONG surfent sur Facebook
Avec les réseaux sociaux en ligne, les associations touchent des jeunes qu’elles n’auraient pas pu contacter autrement. Et les codes de la communication ont changé. Décryptage.