Archive pour le mot-clef ‘écologie’

Sommaire du vendredi 4 novembre

Vendredi 4 novembre 2011

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Cuisine – Cuisson basse température
C’est économique, écologique et savoureux. Luc Smilovici a testé la cuisson basse température, c’est à dire à moins de 100°c. Des plats meilleurs, et surtout, beaucoup moins d’énergie utilisée.

Planète durable – René Dumont, le père des écolo politiques
L’homme au col roulé rouge est le premier écologiste à s’être présenté à une campagne présidentielle, en 1974. S’il ne recueille alors qu’1% des suffrages, il a réussi à mettre les questions environnementales sur le devant de la scène.

Focus – Eco-tourisme au Costa-Rica
Dans ce pays d’Amérique centrale, un tiers du territoire est classé parc national. Un état qui attire les touristes… qui, eux, menacent son écosystème. Les ratons laveurs, par exemple, animal nocturne, vit désormais de jour, pour récupérer les victuailles des visiteurs…

Ils changent de vie – Vendeur de pesticides devenu entrepreneur bio
Thierry a opté pour un changement radical : cet ancien vendeur de pesticides s’est reconverti dans la bio. Il a lancé un magasin bio et a complètement revu sa conception de l’agriculture.

Roms et écologie

Mercredi 2 novembre 2011

Pour mieux intégrer la communauté Rom de Montreuil, une association fournit à une famille un petit lopin de terre. Ils mangent équilibré à peu de frais et veulent même développer une petite ferme.

Elise Bronsart

Sommaire du mercredi 2 novembre

Mercredi 2 novembre 2011

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Planète durable – Roms et écologie
Pour mieux intégrer la communauté Rom de Montreuil, une association fournit à une famille un petit lopin de terre. Ils mangent équilibré à peu de frais et veulent même développer une petite ferme.

Focus – Quelques jours avec José Bové
Global a suivi l’eurodéputé moustachu du Larzac. Du parlement de Strasbourg à son fief, rencontre avec un fermier sans mouton, mais avec iPhone. Un ancien syndicaliste qui a rejoint la politique.

Planète durable – Tomates bio dans le bidonville
Un million de personnes vivent dans le bidonville de Kibera, au Kenya. Sans eau ni électricité. Un ancien habitant a décidé de monter un projet pour apaiser les tensions : une serre où sont produites des tomates 100% bio.

Quand un écologue se pose des questions sur l’économie

Jeudi 20 octobre 2011

Par Michel Lerond

La dérive sémantique relative au développement « durable » est telle qu’elle confine parfois à l’absurde. Ainsi lorsque l’on parle de croissance « durable », on ne sait plus s’il s’agit de rechercher un équilibre entre économie, social et environnement – auquel cas il faut admettre dans certains cas une croissance négative pour rétablir plus d’équité Nord/Sud - ou d’une croissance « qui dure », qui serait donc infinie, ce qui est impossible…

L’idée de remettre en cause la croissance n’est pas nouvelle, mais toujours perçue comme une incongruité. Trop longtemps, un projet n’a été décidé que par l’intérêt économique qu’on lui attribuait, sans obligatoirement le démontrer d’ailleurs. Aujourd’hui, l’argumentaire devrait être : j’ai un projet, je démontre ce qu’il apporte sur les plans économique, social et environnemental avant d’en conclure que c’est un bon projet.

La crise actuelle est largement assise sur des bases écologiques et il nous semble urgent de revenir aux fondamentaux, c’est à dire assurer en premier lieu la santé des écosystèmes et la santé des citoyens comme disent si joliment les Québécois. Il s’agit donc, avant tout, de faire en sorte que le développement puisse satisfaire aux besoins primaires : se nourrir, se loger et se déplacer. Nous nous sommes habitués à ce que ces besoins primaires soient satisfaits pour tous, hormis une part de gens très défavorisés, peut-être allons-nous devoir reconsidérer ces acquis, sous la pression notamment des modifications climatiques et de la rareté des énergies fossiles.

Retrouver la multifonctionnalité de l’agriculture

D’abord se nourrir. Cela peut paraître iconoclaste à une époque qui vit, pour le plus grand nombre, dans une certaine opulence. Mais qu’adviendra-t-il des variétés de cultures hyper sélectionnées, et donc peu adaptables, lors d’épisodes climatiques aléatoires ? Ainsi l’agriculture devrait retrouver sa multifonctionnalité d’origine : production alimentaire d’abord, mais aussi préservation des ressources naturelles et des paysages, prévention des risques naturels et de la qualité de l’eau. En conséquence, il nous paraît urgent de considérer l’eau comme un bien essentiel, et l’accès à l’eau potable comme un droit fondamental, ce qui ne peut être un enjeu de marché. De même, les sols devraient être considérés comme un patrimoine mondial à protéger. L’hyperconsommation étant une des causes des problèmes environnementaux, il nous faudra réduire la consommation de viande et veiller à relancer l’agriculture vivrière, en particulier au Sud.

Puis se loger. Là encore la question peut paraître étonnante, même si sévit en France une crise du logement récurrente. L’habitat, en tant que protection physique, va devoir être repensé à l’aune des évolutions climatiques à venir et du manque d’énergie. Il faut améliorer les performances thermiques des bâtiments et avoir recours de plus en plus aux énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie) à l’échelle individuelle. Il va nous falloir imaginer une architecture nouvelle qui tienne compte, à la fois, des évolutions / énergie et de l’habitat traditionnel, en somme imaginer une synthèse entre l’architecture traditionnelle et la contemporaine.

Réduire les distances

Un objectif majeur de réduction des distances, pour limiter les transports et donc la consommation d’énergie est de rapprocher domicile et travail et de favoriser les circuits courts de distribution des marchandises. Il nous faut revenir à un commerce de proximité en imposant un prix départ usine identique pour tous. Le travail à distance (Internet) et la création d’emplois indépendants (artisans, commerçants, services à la personne, etc.) pourront constituer des solutions pour une partie de la population. Il nous faut donc construire une nouvelle économie de l’énergie, décarbonnée.

Revenir à ces fondamentaux constitue un immense challenge, certes, mais aussi une nécessité. N’y a-t-il pas là l’occasion de redonner à nos concitoyens, aux jeunes notamment, une possibilité de projection dans le futur qui leur fait tant défaut. Ce n’est pas la fin du monde, mais certainement la fin d’un monde, celui d’une certaine opulence, avec une consommation qui semblait ne plus avoir de limites. Maintenant commence un monde nouveau dans lequel nous devrons être plus économes, plus respectueux de la nature. Il nous faut passer de l’économie de « l’avoir plus » à celle de « l’être mieux ».

Michel Lerond, écologue essayiste

Pour lire d’autres chroniques de Michel Lerond, consultez son blog ou jetez un oeil à son livre, Qu’est-ce qu’on attend, publié chez L’Harmattan en avril 2010 (14,50 euros).

Une femme pour redonner un peu de vert au Liban

Jeudi 6 octobre 2011

Par Perrine Mouterde

Un Parti vert au pays des voitures et du béton ? Et à sa tête, la première femme présidente d’un parti politique libanais ? Deux bonnes raisons d’aller rencontrer le jeune parti écolo, un véritable ovni sur la scène politique du pays du Cèdre…

logoAu Liban, même les couleurs sont politiques. Le bleu des sunnites fidèles à Saad Hariri, le orange des chrétiens loyaux à Michel Aoun, le jaune du parti chiite Hezbollah, le vert des chiites du parti Amal… Sauf que voilà, un petit nouveau tente de bouleverser ces règles du jeu. Le Parti vert du Liban voudrait récupérer sa couleur. Son slogan ? « Le vert est la ligne rouge »…

Un parti écolo au pays des 4X4 et des routes bordées de milliers de panneaux publicitaires ? Le concept même me laisse sceptique. Il y a quelques semaines, j’apprends que le parti a procédé à des élections pour renouveler son bureau. C’est Nada Zaarour, jusque là vice-présidente, qui remporte le scrutin, face à un homme : elle devient la première femme à la tête d’un parti politique libanais. Je n’hésite plus, il faut y aller.

« Les immeubles poussent à la place des forêts »

Nada

Nada Zaarour se destinait à la musique... Elle a été rattrapée par la politique.

Entre deux rendez-vous, Nada Zaarour me raconte son parcours, intimement lié à celui des Verts libanais. Le déclic est venu il y a une quinzaine d’années. « J’adore la nature ! Ce n’est pas difficile pour une femme d’aimer l’environnement, la Mère nature… » Je tique : il serait plus naturel pour les femmes que pour les hommes de s’intéresser à l’environnement ? « C’est sans doute avant tout une question de caractère, reprend Nada Zaarour. En tout cas, tous les désastres écologiques qui ont cours au Liban me rendent très triste. Les ordures, les immeubles qui poussent à la place des forêts… J’ai décidé de m’impliquer sérieusement. »

Avec des amis, elle crée deux associations pour lutter contre la déforestation et promouvoir la randonnée. Mais cette petite bande de militants réalise que pour peser sur l’avenir du pays, c’est la sphère politique qu’il faut intégrer. Entre 2000 et 2008, ils travaillent, rencontrent des Verts européens…  Jusqu’à la constitution du premier bureau, il y a 3 ans.

« Nous devrons faire face à beaucoup d’obstacles »

Mais justement, qu’ont-ils fait en 3 ans ? Nada Zaarour est consciente de l’ampleur de la tâche, alors que le parti compte à peine plus de 1 000 adhérents. « Nous savons qu’il nous faudra encore beaucoup de temps pour atteindre nos objectifs et que nous devrons faire face à beaucoup d’obstacles, mais nous ne sommes pas pressés. Nous ne dévierons pas de notre chemin. »

En attendant, les Verts libanais affichent déjà des avancées. « Nous avons déposé une loi, étudiée au Parlement, pour que soit mis en place un organe judiciaire chargé de faire respecter les lois sur l’environnement. Il faut que ces dossiers arrivent sur la table d’un juge ! Et nous demandons aussi l’instauration d’une ‘brigade verte’ pour assister ce juge. »

Voilà à quoi pourrait ressembler les abords de la rivière de Beyrouth si les Verts prenaient le pouvoir !

Voilà à quoi pourrait ressembler les abords de la rivière de Beyrouth si les Verts prenaient le pouvoir !

Je n’avais jamais entendu parler de ce type de « juridiction environnementale » ni de « brigades vertes »… La lutte contre les carrières illégales, un plan de reboisement sur 15 ans, les violations de l’espace public sur le littoral… Je n’en doute pas, les dossiers ne manquent pas. D’autant qu’à l’instar des partis écolos européens, les Verts libanais ont également un programme social et économique : laïcité, économie verte, justice sociale…

« Les femmes ont le droit d’accéder à tous les postes à responsabilités ! »

Les écolos libanais rencontrent tous les autres responsables politiques (ici Michel Aoun). En théorie, tout le monde est d'accord pour préserver l'environnement. En pratique, rien ou presque n'est fait pour changer les choses.

Les écolos libanais rencontrent tous les autres responsables politiques (ici Michel Aoun). En théorie, tout le monde est d'accord pour préserver l'environnement. En pratique, rien ou presque n'est fait pour changer les choses.

Si Nada Zaarour se présente d’abord comme une mère, grand-mère et épouse épanouie, elle n’en est pas moins fière, et à juste titre il me semble, d’être devenue la première femme présidente d’un parti politique au Liban. Je l’imagine un instant, fraîche et classe, au milieu de la ribambelle de responsables libanais qui squattent la scène politique depuis des années… « Je méritais ce poste et j’ai travaillé dur pour en arriver là, assure Nada Zaarour. Les femmes ont le droit d’accéder à tous les postes à responsabilités ! »

Et Nada Zaarour n’entend pas s’arrêter là. Prochain objectif, les législatives de 2013. « Si nous obtenons 4 sièges au Parlement, nous aurons un siège au gouvernement. Ce serait déjà très important ! Nous allons faire campagne auprès des 50 % de Libanais qui ne votent pas habituellement, parce qu’ils ne croient plus en la politique… Nous voulons leur redonner un peu d’espoir. »