Archive pour le mot-clef ‘féminisme’

Revue de web : en mai, elles font ce qui leur plaît !

Lundi 6 juin 2011

Par Anne-Sophie Novel

Après un mois d’avril sous le signe de l’amour bio, les femmes engagées se sont déchainées en mai ! J’en connais certains qui ne savent plus où donner de la tête d’ailleurs… Est-ce lié à la fête des mères ? Rien n’est moins sûr… Pour comprendre l’ampleur du phénomène, voilà un petit récapitulatif de ce qui a affolé la blogosphère verte en ce joli mois de mai 2011.

Pour commencer, une question posée par le site The Green Horns via Des Moines Register qui remarque qu’aux Etats-Unis, dans l’état de l’Iowa, plus de la moitié des terres sont détenues et cultivées par des femmes. La question est alors de savoir si l’instinct maternel pousse les femmes à concevoir leur rapport à la terre de manière différente, en insistant plus sur le besoin de la préserver. Certaines avouent avoir converti les cultures dont elles ont hérité en bio, conscientes que nous sommes ce que nous faisons pousser et ce que nous mangeons. Dans l’Iowa, 10% des fermes sont tenues par des femmes célibataires qui ont plus de 75 ans et se font parfois avoir sur les prix des rentes : l’arrivée de nouvelles génération d’agricultrices devrait redonner du dynamisme au marché !

Cette question nous mène à un autre constat sur lequel s’est attardé Janet Biehl (Militante de l’écologie sociale, Burlington (Vermont, Etats-Unis). Auteure de Rethinking Eco-feminist Politics, South End Press, Cambridge (Massachusetts, Etats-Unis), 1991.) dans le Monde Diplomatique (Féminisme et écologie, un lien naturel) en posant également la question de savoir si les femmes sont plus « vertes » que les hommes, si elles ont un rapport particulier à la nature, ou un point de vue privilégié sur les problèmes d’écologie. Aux Etats-Unis, les livres sur le sujet se sont multipliés depuis la fin des années 1960. L’éco-féminisme y est donc fort développé. D’autant que certaines études réalisées depuis les années 1980 montrent que « dans les pays industrialisés, les femmes sont effectivement plus préoccupées que les hommes par la destruction de l’environnement. Et, selon certaines études, elles ont bien une empreinte carbone plus faible »…

On comprend donc aisément le succès de la rencontre organisée à Los Angeles le 14 mai dernier par le réseau « Women of the Green Generation ». Plus de 300 femmes se sont réunies pour échanger sur leurs « green initiatives » et partager ensemble une autre façon de concevoir le monde et le business vert aujourd’hui. Car oui, ces nanas en veulent changer le monde, collaborer à large échelle et faire avancer les choses concrètement, d’une autre manière. Un exemple à suivre de ce côté de l’Atlantique en fait et qui change de l’image trop souvent donné aux femmes écolos, trop souvent stigmatisées comme des mamans adeptes de l’allaitement et des couches lavables… alors que les mompreneurs sont nombreuses !

Mais quitte à revenir aux fondamentaux qui font qu’une femme est femme, parlons aussi de cette belle initiative qui a vu le jour au Costa Rica. Dans un article paru sur le site La Nacion et traduit par Green et Vert, on apprend que le Brésil a aidé le pays à ouvrir une banque du lait maternel à l’hôpital Carlos Luis Valverde Vega, dans la ville de San Ramon. Cette banque de lait profitera aux enfants hospitalisés ou ayant besoin de soins spécifiques : « pour la première fois au Costa Rica, une équipe de professionnels accueillera les mères dont la production de lait est suffisamment importante pour pouvoir donner, afin que d’autres enfants bénéficient eux-aussi des bienfaits de l’allaitement. » Si ce type d’initiative se multiplie, cela permettra de réduire la mortalité infantile « en offrant aux nourrissons qui en ont le plus besoin un bon départ dans la vie ».

Mais pendant ce temps, toujours en Amérique, dans la partie nord du continent cette fois-ci, d’autres utilisent ce même lait maternel pour fabriquer du fromage. A l’image de l’artiste new-yorkaise Miriam Simun qui organise régulièrement des dégustations de trois types de fromage en combinant le lait de trois femmes avec du lait de vache et de chèvre. L’objectif ? Sensibiliser aux choix alimentaires : « Nous maltraitons les animaux, nous exploitons les gens, nous polluons la terre, et détruisons notre corps par ce que nous mangeons. La nourriture est un terrain de lutte et de révolution ». Nous sommes là dans un niveau de réflexion un peu plus poussé que les glaces qui ont défrayé la chronique londonienne en février dernier, les « baby gaga » étant alors (vendues comme des petits pains cela dit !) au prix de 16,5 euros…

La démarche a toujours le don d’interroger en tout cas…

…Alors qu’au même moment, en Suisse, Nestlé lance l’équivalent de la machine Nespresso mais pour lait maternel. Babynes, de son petit nom, n’est commercialisée que dans le royaume helvétique pour le moment… le débat ne fait pas encore rage, mais cela ne saurait tarder tant le créneau marketing est évident. De quoi, assurément, éveiller la contestation des éco-féministes !

Pour terminer cette revue de web, intéressons nous maintenant à deux jolis projets : le premier est porté par la belle Demi Moore, qui selon le site Ecorazzi est en train de réaliser un documentaire, Nepal’s Stolen Children, sur le trafic sexuel d’enfants au Népal. Cette initiative prend place dans le cadre du Freedom Project de la chaîne CNN dont le but est de lutter contre les formes d’esclavage moderne. Une affaire à suivre donc.

Le second est un calendrier réalisé par le photographe indien Suresh Natarajan dans le cadre de l’année internationale de la forêt. Les Green Guardians sont là pour montrer qu’en toute saison il est nécessaire de préserver nos surfaces boisées de la déforestation. Chaque année, 13 millions d’hectares de forêts disparaissent, soit environ un quart de la superficie de la France. Une façon de rappeler que nous avons bien besoin de gardiennes contre la folie des hommes…

Sommaire du mardi 14 septembre 2010

Mardi 14 septembre 2010

DOM 102

Effet domino – Tempête sur le riz

Les inondations vont-elles noyer le riz ? Aliment de base d’un Terrien sur deux, la céréale pousse les pieds dans l’eau mais craint les précipitations trop intenses. Avec le dérèglement du climat, c’est toute l’Asie qui s’inquiète pour son alimentation. Première étape de notre voyage dans le sillon de la céréale miraculeuse : le Cambodge.

Bébé Global – Accueillir un bébé sans sur-consommer

Comment préparer un cocon écolo à son enfant ? Benoît et Maéla, les futurs parents de notre « Bébé Global », veulent accueillir leur bout de chou sans céder aux sirènes de la sur-consommation. On les a suivis dans leurs emplettes, ils ne font pas vraiment chauffer la carte bleue.
L’invité Global – Ranga Yogeschwar, le Nicolas Hulot d’outre-Rhin

Il est physicien de formation, journaliste de métier et surtout présentateur vedette de plusieurs émissions scientifiques en Allemagne. Avec son don pour expliquer tout phénomène complexe, Ranga Yogeshwar excelle dans l’art de mettre la science et l’écologie à portée de tous. Emilie Aubry est allée lui rendre visite chez lui, près de Cologne. Rencontre.

Vertes de rage contre Élisabeth Badinter

Lundi 26 avril 2010

C’est le débat qui fait rage en France depuis plusieurs semaines. Un débat lancé par la philosophe Élisabeth Badinter. Dans sa ligne de mire : l’allaitement à tout prix et le retour aux couches lavables. C’est bon pour la planète, mais c’est peut-être aussi un retour en arrière. Écologie contre féminisme. Global ce soir entre dans la polémique.

-       Vertes de rage. Femmes et écolos : le nouveau féminin, sur FemininBio.com

-       Vertes de rage, lettre ouverte à Mme Badinter, Femmes et écolos: le nouveau féminin par Isabelle

-       Badinter et l’écologie anti-féministe sur TerraEco

Et vous, qu’en pensez-vous ? Est-il possible de concilier féminisme et écologie ?

Sommaire du lundi 26 avril

Lundi 26 avril 2010

Image 3Satellite – Tchernobyl : derrière le nuage
23 après la catastrophe, Tchernobyl reste une zone interdite. Et pourtant, il y a quelques signes de vie. Chaque matin, deux mille ouvriers viennent travailler sur le site de l’explosion.  Vu du ciel : quelques logements, une superette, des check points… Les hommes sont bien là. Et les animaux reviennent. Des espèces rares comme le cheval sauvage ou le loup habitent la forêt. L’Ukraine espère même reconvertir la zone interdite… en réserve naturelle.

Focus – Les Bishnoi, l’écologie comme Bible
C’est une histoire à méditer. Il était une fois un maharadjah qui voulait couper des arbres.
Les villageois n’étaient pas d’accord. Alors, ils enlacèrent les arbres et préférèrent se laisser massacrer par les soldats du maharadjah.
Cette histoire bien réelle, c’est le mythe fondateur des Bishnoi, une communauté hindoue du nord-ouest de l’Inde. Une communauté qui depuis le sacrifice de ses ancêtres place la nature au-dessus de tout. Et ça fait 500 ans que ça dure. Départ pour le Rajasthan.

Planète durable -  Verte de rage contre  Élisabeth Badinter

C’est le débat qui fait rage en France depuis plusieurs semaines. Un débat lancé par la philosophe Élisabeth Badinter. Dans sa ligne de mire : l’allaitement à tout prix et le retour aux couches lavables.
C’est bon pour la planète, mais c’est peut-être aussi un retour en arrière. Écologie contre féminisme. Global ce soir entre dans la polémique.

Maman, écolo et féministe ? Oui, c’est possible !

Vendredi 26 février 2010

Avec son livre Le conflit, Elisabeth Badinter a jeté un pavé dans la mare. Elle y affirme que le «naturalisme» actuel fait du tort au féminisme, qu’il menace les acquis des femmes obtenus de haute lutte ces dernières décennies. Des femmes éco-activistes ont immédiatement riposté avec «Vertes de rage», une lettre ouverte à la philosophe. Chez Global mag nous avons sollicité une blogueuse maman et écolo, pour lui demander ce qu’elle en pensait.

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Frédérique et son fils

Avant la naissance de mon fils Émile, mon objectif n’était absolument pas d’être une maman écolo. D’ailleurs, il y a quatre ans, on entendait beaucoup moins parler de ce « modèle » de maman dans les médias. Durant ma grossesse, j’ai beaucoup réfléchi à comment je voulais vivre cette maternité, non pas en me basant sur une image parfaite de celle-ci mais plutôt sur mes désirs profonds.

Ce qu’on appelle le maternage – l’accouchement sans péridurale, l’allaitement longue durée, le co-dodo (dormir avec lui), le portage, l’alimentation bio, … – s’est imposé comme une évidence. Comme s’il était impossible pour moi de faire autrement.

Bon là, j’arrête tout de suite l’image que votre cerveau se fait de moi. Vous m’imaginez ultra naturelle, vêtue d’une robe fleurie en chanvre équitable buvant mon thé ayurvédique devant mes chèvres dans le Larzac ? C’est raté!

Je suis cheffe d’entreprise, j’adore sortir en ville, je vais acheter mon pain avec du mascara et du blush, je m’habille chez Zara et TopShop (la mode éthique est superbe mais trop chère pour moi) et je ne jure que par le café et le vin rouge.

Et, bien que je sois écolo, je mets un point d’honneur à ce que mon fils et moi-même, restions complètement adaptables à toutes les situations. S’il est invité au McDo par un de ses copains, qu’il y aille ! Les fast-food m’insupportent mais ils font partie de la vie, alors il faut qu’il connaisse.

Déçus ? Je casse votre belle image de la maman écolo. Sérieusement, si vous me voyez dans la rue, jamais vous ne penserez que je suis une adepte du maternage. Cerise sur le gâteau – n’en déplaise à Mme Badinter si je ne rentre pas dans son schéma – je suis féministe et pour rien au monde je ne renoncerais à mon travail. Je suis la preuve vivante que maternage, féminisme et vie professionnelle sont tout à fait compatibles.

Badinter

Source : Michèle Delaunay (Flickr)

Sauf que, soyons honnêtes. Tout ceci est possible parce que j’ai un mari extrêmement présent (presque plus féministe que moi !) et une famille adorable qui me soutient dans mes choix.

J’ai toujours pu allaiter sans gêne lors des repas de famille (mais non je ne montre pas mes seins à tout le monde, je fais ça discrètement). Pendant les tétées nocturnes, mon mari m’apportait gentiment une tisane pour me soutenir et il se levait le matin pour me laisser dormir un peu. Dans ces conditions, j’aurais pu allaiter des triplés pendant 10 ans !

Pour faire une petite parenthèse, un mari qui milite pour l’équité entre hommes et femmes ce n’est pas forcément la panacée : «Chérie peux-tu aller au garage changer le pneu crevé, je dois emmener le petit à l’éveil musical». Sympa la parité ! Vivement le retour du bon vieux partage traditionnel des tâches. Mais non Élisabeth du calme, je blague. Merci pour tout ce que tu as fait pour nous.

Mon secret n’est pas sorcier. Je prends plaisir à être une maman écolo. Je ne supporterais pas de le vivre comme une contrainte. C’est peut-être ça la clé, avoir du plaisir…

Mais je conçois que le maternage puisse ne pas convenir à toutes les femmes. Soit parce que cela ne correspond pas à leur personnalité, soit parce que leur entourage n’y est pas propice. Je suis mal placée pour les juger. Je serais surement une autre maman avec un mari macho et une famille qui critique mes choix.

Bref, tout cela démontre une chose très simple. Une famille, ça se gère à deux. Je constate que toutes les mamans écolos épanouies le sont notamment grâce à un compagnon aussi impliqué qu’elles. Le maternage est un projet commun, difficile à réaliser seule, mais ô combien riche lorsque bien vécu.

Frédérique Chartrand