Max Streltsov est photographe. Il est actuellement au Japon. Arrivé le 8 avril, il s’est rendu dans le nord de l’île de Honshu, dans la préfecture de Miyagi, durement touchée par le tsunami qui a ravagé la côte le 11 mars dernier. Il nous raconte. Un reportage exclusif pour Global mag.

Photo de Minamisanriku/Max Streltsov
« Le tsunami a été tellement puissant qu’il a détruit les habitations à leur base. Comme la plupart des villes étaient situées dans les vallées, près de la côte, les murs, les voitures et le contenu des maisons, transformés en ruines, ont été déposés là où les montagnes commencent.»

Ville de Kessennuma / Max Streltsov
« Les Japonais sont vraiment très efficaces. Ils récupèrent très vite : ils ont déjà nettoyé les routes, reconstruit des autoroutes… Et maintenant, ils commencent à nettoyer les ruines, dans les villes détruites. »

Ville de Kessennuma / Max Strelstov
« Ce qui m’a beaucoup surpris, c’est que dans d’autres pays, après une catastrophe pareille, les gouvernements enlèvent les ruines et commencent à tout reconstruire : de nouvelles maisons, de nouvelles usines… Mais ici, ils déplacent tout très précautionneusement car ils savent qu’il y a des objets qui ont beaucoup de valeur aux yeux des gens. On a trouvé par exemple un endroit où les gens amènent les albums-photos de famille, les souvenirs trouvés dans les ruines. Les soldats font des recherches, fouillent, de façon très soigneuse, c’est vraiment surprenant. »

Ville de Rikuzentakata/Max Streltsov
« Il y a aussi des gens qui cherchent dans les ruines de leurs maisons, ça dépend : certaines zones sont encore fermées aux civils. Dans les autres, on voit les anciens habitants et les soldats qui cherchent. »

Ville de Rikuzentakata/Max Streltsov
« On est à 150km de Fukushima, il n’y a pas de menace nucléaire ici. Les gens portent des masques, mais ils en portent tout le temps, ce n’est pas pour se protéger d’éventuelles radiations. Pour le moment, ils s’inquiètent surtout pour leur maison et la façon dont ils vont vivre dans le futur. Et puis, ici, ça n’a rien à voir avec Fukushima. Là-bas, il y a des villes fantômes, d’où les gens ont dû partir le plus vite possible, en abandonnant tout. Il y a des corps encore là-bas. »

Kesennuma/Max Streltsov
« Ce qui m’inquiète aujourd’hui, c’est plutôt l’amiante et les usines chimiques situées près des côtes. L’amiante a été utilisée dans la construction de bâtiments par le passé, et maintenant elle est donc présente dans les ruines. Les gens portent donc des masques, pour se protéger quand ils fouillent. Et c’est aussi ce qu’on m’a recommandé de faire. »

Kessennuma/Max Streltsov
Après être resté dans la région de Sendai, Max Streltsov prévoit maintenant de partir vers le sud, vers Fukushima.

Kessennuma/Max Streltsov
Propos recueillis par Oriane Raffin