Un mois jour pour jour après le séisme et le tsunami qui ont secoué l’archipel, la population panse toujours ses plaies, alors que le gouvernement dénombre au moins 13.000 morts. Ce lundi, la terre a de nouveau tremblé, entraînant une nouvelle fois une alerte au tsunami sur la côte est du Japon.
Nouvelle plus encourageante, concernant la centrale de Fukushima, les autorités ont affirmé que le risque d’«une nouvelle fuite radioactive majeure s’est considérablement réduit». Thomas Breuer, de Greenpeace International est allé à plusieurs reprises faire des mesures autour de la centrale de Fukushima. Il nous raconte ce qu’il a constaté sur le terrain :
Décision qui devrait réjouir l’ONG : les autorités ont décidé d’élargir la zone d’exclusion -actuellement de 20km- autour de Fukushima. Elle pourrait passer à 30km autour du site, alors que certains pays, comme les Etats-Unis, recommandent à leurs ressortissants de ne pas s’approcher à plus de 80km.
Nouvelle inquiétude autour d’une centrale nucléaire au Japon. Cette fois-ci, il s’agit de celle d’Onagawa, située un peu au nord de Fukushima, près de Sendai. La centrale, à l’arrêt depuis le violent séisme du 11 mars dernier, a été touchée par un nouveau tremblement de terre, ce jeudi. Depuis, des fuites d’eau sont apparues au niveau des piscines de stockage des combustibles usagés.
Tohoku Electric Power, l’exploitant de la centrale, affirme que le niveau de radioactivité autour du site n’a pas augmenté. Mais le problème, déjà rencontré à Fukushima, c’est que si le niveau d’eau des piscines diminue trop, les barres de combustibles risquent d’entrer en fusion et de provoquer des émissions radioactives.
Du côté de Fukishima, les employés de Tepco, brièvement évacués au moment du séisme, poursuivent le refroidissement des réacteurs. Ils injectent notamment de l’azote dans le réacteur n°1 afin d’éviter une explosion d’hydrogène.
«C’était vers minuit, je ne dormais pas encore, raconte Tomomi, une jeune Tokyoïte contactée par Global. J’ai senti mon appartement trembler. Au début, je me suis dit « ok, encore un de plus ». Mais ça ne s’arrêtait pas. De plus en plus fort.» Et effectivement, ce séisme qui a secoué le Japon dans la nuit de jeudi à vendredi est une des plus fortes répliques depuis le 11 mars dernier.
Un tremblement de magnitude de 7,1 selon l’USGS (institut d’observation des tremblements de terre américain) qui a provoqué une alerte au tsunami, levée une heure après, selon la NHK, la chaîne de télévision publique nippone. Les autorités craignaient des vagues de 1 à 2 mètres de haut, contre 11 mètres mi-mars.
Jean-Pierre Vilotte, physicien à l’Institut de la Physique du Globe de Paris explique qu’une telle réplique est « normale », après le violent tremblement de terre qui a secoué le Japon le 11 mars dernier :
Passée la première inquiétude, comme de nombreux Japonais, Tomomi s’est précipité sur les sites d’informations et sur Twitter. «J’ai vérifié qu’il n’y avait pas de dégâts dans mon appartement, mais tout allait bien, et je me suis connectée sur Facebook», raconte la jeune femme. «Tout le monde était en ligne : les gens se sont levés, tout le monde était effrayé».
Et l’inquiétude tournait, entre autre, autour de la résistance des centrales nucléaires. Les premières nouvelles se veulent plutôt rassurantes. L’opérateur Tepco, cité par Greenpeace sur Twitter, a annoncé que la centrale de Fukushima n’avait pas été affectée par cette nouvelle secousse. Le personnel travaillant sur place a toutefois été évacué, par précaution. A Onagawa, le système de sécurité de la centrale s’est déclenché, mais tout fonctionnerait normalement, affirme l’autorité de sûreté nucléaire japonaise.
Dans la préfecture de Miyagi, les habitants des côtes ont été évacué vers des lieux situés en hauteur. Le tremblement de terre a été ressenti jusqu’à Tokyo, et des pannes d’électricité ont eu lieu sur le territoire.
Des combinaisons blanches, des visages masqués : les rares images en provenance de Fukushima, au Japon, révèlent peu d’informations sur la personnalité de ces travailleurs du nucléaire, qui tentent de remettre la centrale sur pied. Depuis plusieurs jours, ils essaient de colmater une brèche du réacteur n°2, s’exposant une nouvelle fois à des radiations très importantes.
Le terme de «liquidateurs» vient de la catastrophe de Tchernobyl. Il désignait les personnes qui sont intervenues sur la centrale, y laissant pour beaucoup leur vie. A Fukushima, deux corps d’employés de Tepco ont été découverts ce week-end. Agés de 21 et 24 ans, ils auraient été tués le 11 mars dernier, lors du séisme et du tsunami, alors qu’ils étaient partis inspecter la centrale.
Ces hommes, d’ors et déjà présentés comme les «sacrifiés», vivraient dans des conditions très précaires : selon une dépêche de l’AFP, ils se relaient 24 heures sur 24, avec seulement un court repos, dans une salle protégée des radiations. En guise de matelas, ils dorment sur des nattes de plomb, censées les protéger également du danger.
«Les employés dorment en groupe dans des salles de réunion, les couloirs ou près des salles de bain. Tout le monde dort à même le sol», raconte Kazuma Yokota, un surveillant de la centrale, à l’AFP. «Nous mangeons deux fois par jour. Au petit-déjeuner, des biscuits énergétiques, au dîner du riz instantané et des aliments en conserve», a-t-il expliqué à une équipe de télévision japonaise. Les employés n’auraient également disposé que d’un litre et demi d’eau par jour et n’auraient pas pu changer de sous-vêtements pendant deux semaines.
Recrutement désespéré
Afin de remplacer les liquidateurs, Tepco recruteraient du personnel en ce moment. Selon Reuters, la rémunération pour la vacation monterait jusqu’à 3.500 euros. « Ma société m’a offert 200 000 yens (environ 1 750 €) par jour, raconte ainsi un employé d’une compagnie de sous-traitance à l’hebdomadaire japonais Weekly Post. En temps normal, j’aurais pris ça pour un boulot de rêve, mais ma femme a fondu en larmes et m’a dissuadé, alors j’ai refusé… »
L’agence Reuters a déniché un homme, Hiroyuki Kohno, qui a accepté de retourner travailler à Fukushima. Âgé de 44 ans, célibataire et sans enfant, il explique : «Pour être franc, personne ne veut y aller. Je sais qu’en y allant cette fois, je reviendrai avec un corps qui ne sera plus capable de travailler dans une centrale nucléaire.» Pourtant, lorsqu’il a reçu un email de son employeur, une filiale de Tepco, il a décidé de se porter volontaire, pour aider ses amis et collègues présents sur place, qui «ont des familles à revoir». «Nous n’avons pas l’intention de mourir mais de sauver le Japon», explique-t-il.
Embauche des sans-abris tokyoïtes
Mais au-delà de ces liquidateurs, ce sont tous les sous-traitants du nucléaire japonais qui seraient embauchés de manière désespérée. Selon L’Express, 80% des travailleurs seraient employés par des entreprises sous-traitantes et recrutés parmi les couches les plus paupérisées de la société nippone. D’où leur surnom de «gitans du nucléaire», car ils tournent de centrale en centrale.
En France, sans que la situation aille aussi loin, des voix s’élèvent dénonçant les conditions de travail des ouvriers intérimaires. C’est ce que nous expliquait Alain de Halleux, auteur d’un documentaire, RAS, sur ce sujet. Selon, lui la sécurité des centrales nucléaires françaises est sacrifiée sur l’autel de la rentabilité :
Elle est la doyenne des centrales françaises, située dans une zone sismique. Fessenheim inquiète ses opposants mais officiellement tout est sous contrôle, selon EDF. Pourtant, les incidents se sont multipliés cette année. Et que se passerait-il en cas de tremblement de terre ? En Allemagne, la mobilisation des anti-nucléaires a redoublé.
Lisa Poisson est étudiante. Franco-allemande, elle vit actuellement à Münster. J’ai décidé de faire un test : vivre une journée végétarienne. Une idée qui me paraissait intéressante au vu de la situation alimentaire mondiale. A la base, c’est Greenpeace Münster qui propose le projet, afin de réhabituer ou d’habituer les citoyens à se passer de [...] […]
Par Anne-Sophie Novel Voilà, nous y sommes : Global est une émission qui se termine pour de bon. Et ces revues de web aussi, par la même occasion. Pour cette dernière chronique, je voulais donc commencer par remercier toute l’équipe de Global pour son beau travail et faire un clin d’œil particulier à Alban, Hélène et Oriane. Je [...] […]